Fonds d’investissement/ Sauver les entreprises de l’endettement





A la faveur d’une rencontre de presse à propos de son prochain forum (18 mai) sur l’ouverture aux fonds d’investissement, le Dr Hédi Mechri, directeur de l’Economiste Maghrébin, a confié au «Quotidien» quelques réflexions sur les enjeux que renferment ces institutions pour l’économie tunisienne et, surtout, pour les entreprises qui ont épuisé le schéma classique d’endettement et qui doivent se tourner vers un schéma de participation. Tunis - Le Quotidien «S’ouvrir au fonds d’investissement». Pourquoi un tel sujet justement, aujourd’hui, alors que la confiance des entreprises dans les banques semble s’effriter, et vice versa? Alors que le surendettement des ménages prend une certaine ampleur? Alors que la Bourse somnole?... A ces interrogations du «Quotidien», le Dr Hédi Mechri, directeur de l’Economiste Maghrébin, oppose une sorte d’optimisme mesuré : «Je ne crois pas qu’il y ait un manque de confiance. Car nous observons une volonté de transparence de la part du secteur bancaire ainsi que la ponctuation de standards solides du métier». Le Dr Mechri convient cependant que beaucoup d’entreprises sont trop endettées et qu’il va falloir chercher d’autres sources de financement. «Le système d’économie d’endettement n’est plus viable», commente-t-il puis se fait le défenseur d’une économie plus ouvertement tournée vers la participation. Mais, là aussi, il y a un hic : «Il y a, bien sûr, la Bourse mais celle-ci n’a enregistré aucun nouveau venu dans sa cotation depuis deux années. Il faut se rendre à l’évidence que la Bourse n’attire pas. Pourquoi? Simplement, parce que plus les entreprises font dans la transparence, plus elles sont pénalisées». Et c’est précisément à ce point que le Dr Mechri choisit de présenter le sujet de son forum : les fonds d’investissement. Selon lui, il s’agit là des outils les plus prometteurs pour pallier les difficultés de financement des entreprises tout en s’inscrivant dans cette saine économie de participation. Répondant à une question du «Quotidien» sur la capacité de la Tunisie à attirer ces fonds alors qu’ils sont sollicités partout dans le monde, le Dr Mechri soutient que notre pays a toutes ses chances : «La Tunisie présente un bon risque souverain auprès des agences de notation les plus réputées. Les rapports du forum de Davos la classent parmi les bons compétiteurs, la SFI (bras privé de la Banque mondiale) respecte sa démarche ... Pour couronner ces appréciations, notre stabilité et la sécurité de l’investissement finiront par convaincre les fonds d’investissement que nous voudrions intéresser». «Le Quotidien» a également interrogé le Dr Mechri sur les risques dont sont porteurs ces mêmes fonds qui ont défrayé la chronique pendant des années à propos de mauvaise gestion, de jeu dans les écritures comptables et de répercussions catastrophiques sur les petits porteurs. Notre interlocuteur convient qu’il y eut un temps où certains gestionnaires de ces fonds ont pu tromper la vigilance des organes de contrôle et ont fait preuve de nonchalance à l’égard des comptes et des actionnaires, mais atteste que les choses ont changé de manière radicale après ces scandales faisant qu’aujourd’hui la vigilance est au plus haut niveau sur deux axes : vigilance interne et vigilance en matière de rigueur des standards, particulièrement pour la comptabilité et le contrôle. La dernière interrogation du «Quotidien» s’est intéressée à l’implication de la CNSS et de la CNRPS (les deux caisses sociales tunisiennes) dans ce schéma des fonds d’investissement et notre interlocuteur a affiché sa conviction que ce n’était pas celles-ci qui devaient être uniquement impliquées. Selon lui, les assurances tunisiennes devraient aussi être de la partie, même si elles devaient redoubler d’efforts pour s’approcher des standards européens en matière d’assurance vie (6% contre 40% de taux par rapport à l’enveloppe globale). Manoubi Akrout


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com