Jamel Sghaïer (Galeriste) au «Quotidien»/ «On peut vivre de son art spirituellement»





Galeriste depuis 92 et artiste peintre lancé dans le domaine depuis quasiment 18 ans, Jamel Sghaïer se livre à nous en ce raccourci à l’occasion de la tenue de son exposition à la galerie Astralable. * Peut-on vivre de son art aujourd’hui? - On peut vivre de son art avec beaucoup de patience. D’abord en faisant son art, en le vivant dans l’esprit. On vit de son art spirituellement, puis vient après le côté matériel. Par ailleurs, le public ne fait pas d’effort pour acheter des tableaux. La question du prix exorbitant est une illusion. Surtout avec l’art contemporain le public n’a pas encore acquis l’éducation visuelle requise pour apprécier un tableau et l’acheter par la suite. Même à Sidi Bou Saïd et à la Marsa on vit la même crise. * On reconnaît facilement vos fresques. Vous êtes resté fidèle à la même technique. Qu’en pensez-vous? - Mes tableaux sont basés sur la structure. La technique est constructiviste, un peu minimaliste. Je ne prétends pas appartenir à une école mais je suis dans l’abstrait. Je travaille surtout sur les valeurs (noir et blanc) auxquelles j’ajoute quelques couleurs de terre. Je varie les matériaux aussi (étoffe, papier froissé, lacération). Mes tableaux comportent des surfaces blanches, d’autres massives, des couleurs diluées, évaporées, d’autres sont sombres. Les lignes obliques, horizontales et verticales structurent la vision du tableau. * Comment vous positionnez-vous avec votre art par rapport au mal qui sévit dans le monde? - Je me positionne en créant une petit monde visuel qui puisse vivre même en s’opposant à l’extérieur qui l’entoure. Mais qui a une vie indépendante et qui peut prospérer dans sa forme intérieure. La dialectique authentique que comporte un tableau * Parlez-nous de votre aventure picturale. - Je suis entre l’ordre et le désordre. Mes tableaux nécessitent une certaine contemplation pour dégager par étapes certains aspects du mystère qu’ils comportent et qui reste à découvrir même pour l’artiste lui-même. L’aventure picturale n’est pas solitaire. Elle est collective. L’artiste en est conscient. Son travail consiste à ruminer cette vision collective et la ramener dans une œuvre d’art. L’écriture intime qui est spirituelle a une connexion avec les formes extérieures… Les œuvres d’art devraient être exposées dans des lieux adéquats (éclairage, disposition…) pour laisser leur message interne transparaître qui se brouille avec l’apparition de parasites (bruits, mauvaise disposition des tableaux…) L’art est avant tout une contemplation. Mona BEN GAMRA ______________ * A l’écoute des choses et des faits Un globe-trotter? Il ne l’est pas tout à fait, puisque Jamel Sghaïer est un habitué des cieux nationaux. Il préfère rester en Tunisie, sans pour autant se démarquer de l’actualité mondiale. Son art, néanmoins, s’y inscrit, en étroite communion à travers les gradations des valeurs: noir et blanc, et la structure fort dynamique de ses fresques. Sa technique? Elle est presque la même. Jamel Sghaïer reste fidèle à l’art abstrait et y multiplie les manières en combinant plusieurs méthodes de travail. Il ne lésine pas pour autant à faire connaître son art à l’étranger, si les occasions… et les bonnes se présentent à lui. Aujourd’hui, Jamel Sghaïer est satisfait du bout de chemin parcouru depuis 18 ans qui s’est soldé par la création d’une galerie depuis 92 avec son compagnon de route Mohamed Yacoubi. L’artiste vient d’être reçu lors de la rencontre des arts tenue à Dubaï. Il en est sorti avec le deuxième prix. M.B.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com