Alter zoom/ Langue pendue ou langue perdue ?





«Tefricanti»,... «Taffi», «Tcomuniqui»... Ces mots semblent relever d’un langage extra-terrestre ! Or, ce sont bien des mots de... «chez-nous». Les jeunes d’aujourd’hui sont pressés de passer le message. Rapidité oblige: ils utilisent des mots franco-arabes ou arabo-français. Le langage du chat et du SMS, nous a envahi au point que le lexique juvénile s’appauvrit de plus en plus amalgament dans une sauce toutes les langues qui sont à leur portée pour «fabriquer» des mots courts, ces jeunes personnes en arrivent à gommer leur langue propre, composante essentielle de notre identité. Il n’y aurait rien à redire, si ce genre de lexique n’était employé qu’à travers les cellulaires ou dans les espaces de forum sur le Net. Mais, ce genre de langage imprègne leur mode de vie. Lors d’une discussion, ils n’arrivent pas à se faire comprendre. Et le comble, c’est qu’ils traitent d’ignorants et de vieux jeu, toutes les personnes qui sont ébahies devant leur nouveau glossaire et les rejettent de leur cercle. Faut-il aujourd’hui que parents, professeurs et adultes prennent des cours particuliers pour décoder ce nouveau langage? Où faut-il peut-être inscrire ces mots «in» dans les dictionnaires? A quoi rime ce massacre organisé de la langue de Voltaire et de Jahidh? On peut avancer plusieurs explications à la propagation de ce charabia. Cela peut être une attitude de paresse mentale: chercher le mot approprié peut dans certains cas exiger un effort particulier. Cela peut aussi s’expliquer par une sorte d’aliénation culturelle: introduire le mot d’une des langues dominantes dans le monde pourrait signifier accès à une soi-disante modernité. A tout au moins cela relèverait de l’attitude du flambeur qui veut faire étalage de ses connaissances linguistiques. A moins que tout cela ne soit le signe d’un confusionnisme au niveau de la pensée! Abir CHEMLI-OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com