Troubles de la mémoire/ Une pathologie à ne pas négliger





Une «Journée portes ouvertes» pour l’examen à titre bénévole des personnes souffrant de troubles de la mémoire a été organisé, hier, à l’hôpital Charles Nicolle. La plupart des patients ont été rassurés, d’autres ont été pris en charge en vue d’éliminer les risques de complications. Tunis - Le Quotidien «Nous avons rassuré beaucoup de patients inquiets de troubles de la mémoire. Les troubles organiques ont été, par ailleurs, pris en charge». Mme Neïla Romdhane Attia, médecin de la santé publique à l’hôpital Charles Nicolle, résume ainsi la journée portes ouvertes organisée, hier, pour dépister les troubles de la mémoire. Depuis 8 heures du matin, des dizaines de personnes s’étaient ruées sur la consultation neurologique de l’hôpital Charles Nicolle pour se faire examiner et éventuellement se rassurer sur leur état de santé. Mme Amel Bahri Mrabet, professeur de neurologie et chef du service de neurologie au même hôpital, tire la sonnette d’alarme pour ceux qui négligent le phénomène des troubles de la mémoire: «Ces personnes doivent s’inquiéter et consulter un généraliste afin qu’ils soient pris en charge et stopper, du moins atténuer, les risques», dit-elle. «Nous avons voulu par cette action entreprendre une étude préventive pour étudier les troubles pathologiques de la mémoire et les différencier des troubles bénins», explique Dr Mrabet. * Troubles bénins et troubles pathologiques En fait, souligne-t-elle, il y a deux types de troubles de la mémoire: les troubles pathologiques et les troubles bénins. Certaines maladies peuvent avoir des effets sur la mémoire à l’instar du diabète, du surmenage, de l’anémie. Il suffit de guérir la maladie pour atténuer les troubles dans ces cas. Les autres troubles sérieux de la mémoire relèvent d’une certaine dégénérescence anormale des neurones. D’après les études scientifiques, un être humain normal perd au maximum 4% des cellules nerveuses qui ne sont pas régénérées, contrairement aux autres cellules. Au-delà de ce pourcentage, il y a lieu de s’inquiéter. * Etude Une étude a été réalisée en Tunisie concernant les troubles de la mémoire. Selon les résultats de ce travail réalisé par le service de neurologie de l’hôpital Charles Nicolle en collaboration avec l’Institut national de la Santé publique, 3,7% des personnes examinées présentent des troubles intellectuels et nécessitent une prise en charge pour mieux appréhender cette maladie. Les techniques actuelles ne guérissent pas la maladie mais permettent de la stabiliser et d’aider l’entourage de la personne atteinte à s’autogérer. Le médicament administré permet en effet un meilleur fonctionnement des cellules nerveuses. Il est en outre important d’apprendre aux malades les gestes de la vie quotidienne: comment se laver, s’habiller, manger à des heures fixes etc... Les personnes atteintes oublient, ou ne réalisent pas, la nécessité d’accomplir les gestes élémentaires de la vie quotidienne. Mme Mrabet affirme que cette action entre dans le cadre des recommandations du chef de l’Etat d’accorder un intérêt particulier aux personnes âgées. Elle espère trouver l’aide nécessaire au ministère de la Santé publique afin de mettre en place les structures nécessaires pour la création d’une unité spécialisée dans la prise en charge de patients souffrant de troubles de la mémoire et sensibiliser au mieux les personnes de l’entourage du malade. Ces dernières peuvent être des membres de la famille ou des cadres paramédicaux formés à cet effet. Quels conseils faudrait-il adresser aux personnes d’un certain âge pour éviter, du moins diminuer, les troubles de la mémoire liés à l’âge. Dr Amel Mrabet conseille aux personnes bien portantes d’effectuer un check-up annuel, de s’adonner à des activités stimulant le système nerveux, comme la lecture par exemple, et de ne pas hésiter un instant à consulter un généraliste en cas de doute. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com