MM. Baccar et Djilani au «Quotidien»: «Oui aux fonds d’investissement»





Interrogés par «Le Quotidien» à la faveur du VIème Forum de l’Economiste Maghrébin sur l’ouverture aux fonds d’investissement, MM. Taoufik Baccar, gouverneur de la Banque Centrale et Hédi Djilani, président de l’UTICA, ont affiché une position approbatrice sans ambiguïté... mais à condition que les meilleurs standards en matière de gestion, de contrôle et de transparence soient appliqués. Tunis - Le Quotidien Le ton a été donné par Dr Hédi Mechri, directeur de l’Economiste Maghrébin lors de l’ouverture, hier, de son forum sur les fonds d’investissement. «Une plus grande rigueur, une plus grande transparence», sont les préalables absolument nécessaires si l’on souhaite avoir le meilleur de l’expérience des fonds d’investissement. Un «Oui, mais...» qui restera suspendu sur les interventions des différents experts et responsables qui défilèrent devant un aréopage du monde de l’entreprise et de la finance. Il faut dire que la relance de l’idée des fonds d’investissement vient à un moment où l’entreprise tunisienne se doit de suivre la tendance saine d’une logique de participation en lieu et place de celle de l’endettement. C’est d’ailleurs, la position du Gardien du Temple qui affirme que la promotion de ces fonds vise à «... faciliter la restructuration financière des entreprises à travers les prises de participation plutôt qu’à travers l’endettement excessif auprès du système financier». Le problème, c’est que l’expérience de ces fonds d’investissement n’a pas toujours été rose à l’étranger. Des affaires retentissantes ont même fait le tour de la planète. M. Baccar anticipe ces répercussions pour exprimer clairement l’attitude de la Tunisie: «Les fonds d’investissement étrangers permettent de dynamiser le marché financier en stimulant la demande sur la Bourse, mais impliquent aussi l’exigence de s’aligner sur les standards internationaux en matière de transparence et de gouvernement d’entreprise, afin de garantir la stabilité de ce type d’investissement». Pratiquement le même argument sera repris par le Patron des patrons puisqu’il convient qu’un grand nombre d’entreprises sont sous-capitalisées, dont plusieurs souvent endettées à court terme. Dans sa description de la situation, il rappelle que seulement 500 de nos entreprises ont un capital supérieur ou égal à un million de dinars, alors que partout dans le monde des mastodontes intercontinentaux sont en train de se multiplier. Pour lui, les perspectives objectives de l’entreprise tunisienne sont auréolées de concurrence sauvage, souvent déloyale, porteuse de dumping commercial et social. Dans ces conditions, les fonds d'investissement, dont l’une des qualités est d’assainir la structure du capital, sont vraiment les bienvenus. A la fin de leurs interventions, «Le Quotidien» a adressé une question directe à M. Taoufik Baccar, gouverneur de la BCT, et à M. Hédi Djilani, président de l’UTICA : Diriez-vous en définitive «oui» aux fonds d’investissement? La réponse de M. Baccar est sans ambiguïté: «J’ai déjà dit oui à ces fonds mais, évidemment, quand ils sont accompagnés des plus hauts standards en matière de gouvernance et de transparence». Même attitude de la part de M. Djilani: «Le sens de mon intervention, c’est oui aux fonds d’investissement, car, à mon sens, les entreprises tunisiennes ont là un outil qui leur permet de délaisser l’endettement excessif et de faire face aux nouveaux défis avec des bilans plus sains». Manoubi AKROUT


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com