Avec les étudiants en musique/ Les sirènes de l’aventure





Après les étudiants en théâtre, c’est au tour des musiciens en herbe d’ouvrir leur cœur et de faire le choix entre les pantoufles et la bohème. Tunis-Le Quotidien Eux aussi entreprennent des études pas comme les autres. Leur cursus leur rappelle tous les jours que l’art est au cœur-même de leur quotidien. Au luth, au violon, au violoncelle ou à un autre instrument ils ont dédié leur carrière. Tout comme leurs camarades du théâtre, ils ont l’air d’hésiter entre une carrière artistique sans garantie aucune et un parcours de sécurité dans le domaine de l’enseignement. Mais entre la bohème et la vie peinarde, entre la précarité et la stabilité, les étudiants en musique, puisque c’est leur tour aujourd’hui d’ouvrir leurs cœurs, ont beaucoup à dire. Et histoire de rendre à César ce qui lui revient de droit, ces jeunes de l’Institut Supérieur de Musique ne mâchent pas leurs mots! * Cercle fermé «Je préfère l’aventure de l'artiste. Quoique ce soit difficile en Tunisie car le domaine de la musique reste un cercle fermé», regrette Ihsen Laribi. Spécialisé dans le luth, cet étudiant dénonce l’aspect de ces études «qui n’ont rien à voir avec le domaine artistique». A cet effet, ces études s’avèrent «tellement académiques qu’elles nous prédisposent à être de purs enseignants». Autour de Ihsen, un groupe de ses camarades s’est rassemblé. Et place alors à un véritable débat houleux en pleine rue. Révoltés sur la réalité de la scène artistique dans nos murs, ces jeunes musiciens s'imaginent mal s’engager dans une aventure en bonne et due forme. C’est le cas de Nejah Abdelhédi qui a choisi le violon pour compagnon de route. Encore en deuxième année, il pense déjà que «c’est difficile de réussir une carrière d’artiste en Tunisie». Juste à ses côtés, Ahmed Zobeïdi, dont les doigts ont épousé les cordes du luth depuis trois années, évoque l’environnement culturel qui «ne permet pas pour le moment d’exercer une passion», surtout que notre scène, et à défaut de marché conforme aux normes artistiques connues et reconnues, «n’est pas en mesure de laisser la place à un produit de la passion». Pendant que les garçons défendent le rêve de l’artiste et réclament leur droit à l’aventure, ce sont les filles qui semblent plutôt vouées à la carrière peinarde de l’enseignement. Malgré son intime rapport avec le violoncelle, Imen Ayari préfère les pantoufles à la bohème. «parce que les filles sont faites pour cette carrière», dit-elle. Chapitres raisons, Imen cite «les incapacités physiques et mentales» du sexe féminin à s’affirmer dans le milieu artistique. Ce qui ne l’empêche pas d’avouer que dans ce même contexte, les filles souffrent également d’un problème de mentalité. Sur cette lancée, Khaled Mhimet, musicien-amateur depuis huit ans, estime que la musique requiert une force mentale. Quant à l’art lui-même, «c’est une véritable souffrance et une mission». Ce qui l’amène à constater que la jeune gent féminine d’aujourd’hui ne «semble pas avoir de mission accomplie». Tout au contraire, il pense «que ces filles sont irresponsables». Décidément, les étudiants en musique ont gros sur le cœur. Même ceux qui sont tentés par la sécurité de l’enseignement, ils le font à contre-cœur et avec beaucoup d’amertume. Ceux qui résistent et partent à l’aventure, savent tout de même que rien n’est sûr et que «les cachets» risquent d’assommer leur passion! Les belles sirènes tentatrices peuvent les dévorer tout crus dans le théâtre de la vie. Maryem kada


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com