Ambition : Ces jeunes qui voient grand





Dans le contexte actuel où la course derrière l’argent se fait effrénée et le confort financier le grand objectif de la vie où c’est le plus fort qui se fait une place consistante dans ce «remue-ménage», serait-il encore possible pour les jeunes Tunisiens de rêver? Tunis - Le Quotidien Les temps ont chargé et décidément les rêves aussi. Laisser sa trace, son empreinte, se consacrer pour une cause humanitaire, ou encore changer le monde s’avèrent être des rêves désuets ayant appartenu à une époque où la vie était, apparemment, beaucoup plus fluide et plus débonnaire. Aujourd’hui, rien ne semble être comme avant même le rêve. En fait, le quotidien impose de jour en jour des relations basées sur l’intérêt personnel. Cette nouvelle donne a fait que les jeunes sont devenus moins rêveurs et plus pragmatiques. En témoigne, Makrem Dridi, 30 ans, professeur de sport, et encore, étudiant. Il pense en effet, que lutter pour survivre aux contraintes financières, sociales et psychologiques de l’existence estompe l’envie de rêver. «Vouloir terminer ses études, batailler pour décrocher un job, construire un foyer, trouver la femme de sa vie, posséder la voiture.., tous ces éléments nous travaillent tous les jours. Arriverons-nous à les réaliser. Nous permettront-ils d’atteindre un équilibre, une stabilité qui nous rendra heureux? Que d’interrogations auxquelles il est difficile de répondre simplement parce que nos besoins se sont eux-mêmes transformés en rêves à atteindre absolument», exprime-t-il. * Un ingrédient indispensable Cependant, Makrem persiste malgré tout à garder espoir et à persévérer, lui qui a passé cinq ans à rêver d’avoir le bac. «A cette époque, le bac constituait un rêve. Un rêve que j’ai réalisé grâce à ma persévérance et mon sérieux dans le travail», dit-il. Aujourd’hui, il pense que le rêve est indispensable malgré le contexte imposant. Mais il faut également savoir doser ses désirs et les adapter à la réalité. A ce propos, Fadhel Chéniti, 23 ans étudiant en 2ème année math-physiques, croit que pour réaliser son rêve, il faut que les conditions soient favorables. «Les contraintes sont bel et bien là, il est difficile d’y échapper. Cela peut-être l’argent comme la famille. C’est justement pour cela que j’opte plutôt pour la réalité du contexte». A la déception Fadhel préfère opposer la réponse du silence et de la maîtrise de soi. «Il vaut mieux s’adapter à la réalité de la vie que de continuer à vivre dans le rêve», ajoute-t-il. * Un luxe Elle rêve de devenir juge. Elle a poursuivi des études en 3ème cycle droit. Aujourd’hui, elle se retrouve au chômage. Rachida R. 25 ans, vit sa déception depuis qu’elle a obtenu son diplôme. «Les contraintes qui se posent échappent malheureusement de mon contrôle». Même situation pour Ahlem Mejri, 27 ans, diplômée en droit. «Psychologiquement, c’est très frustrant. Je n’aurais jamais pensé que c’était si déprimant de ne pas réaliser ses ambitions». Mariée, Ahlem a vu ses rêves s’évaporer. Elle qui porte un prénom signifiant rêves, se retrouve aujourd’hui avec un seul rêve, celui de décrocher un job. Pour la plupart des jeunes Tunisiens le rêve devient un luxe qu’ils ne peuvent pas se permettre. Accablés par les contraintes de la vie, ils n’ont plus nichés en eux les mirages du rêve. Wissal HASNAOUI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com