Esma Khémir : Le marchand de sable est passé…





A la médiathèque Charles de Gaulle, l’occasion est propice pour découvrir la «Femme à l’ombrelle». Cette fois ce n’est pas Claude Monet qui nous surprend de sa palette impressionniste mais c’est la «Femme à l’ombrelle» de Esma Khémir qui nous impressionne de la légèreté de son graphisme. Dans signespace, l’artiste signe une expo qui a tout d’un art authentique qui ne court pas les rues ces jours-ci. Enfant, les nuits de Esma Khémir ont été dorlotées par la douceur des histoires d’antan. Les signes de l’authenticité ancestrale se retrouvent réunis dans un art qui dit long sur l’âme d’enfant qui habite toujours l’artiste. Signes de la tradition Aujourd’hui, elle exhume du fond de notre mémoire collective ce à quoi nos aïeux s’attachaient: valeurs, traditions qui font vivre précieusement, ne serait-ce qu’une façon de se connaître et de se faire connaître pour pouvoir s’ouvrir sur autrui. Esma Khémir le dit elle-même «Chaque Ras El Am El Hejri (nouvelle année de L’Hégire) m’enchante par sa fête, toute en douceur et en couleurs. Ce jour-là, en me promenant sur les lieux de mon enfance, je suis à chaque fois émerveillée par la beauté du graphisme. Il est partout, dans les rues, ruelles, impasses; dans les espaces intérieurs, cours, courettes, dribas». Et l’artiste de continuer «j’ai voulu rendre hommage aux femmes qui vivent dans l’ombre, à celles qui ont transformé ces espaces en lieux magiques où brillent des signes et des signes par leur blancheur éclatante de lumière». C’est tout en flânant dans l’exposition qui continue jusqu’au 12 juin que l’on découvre en peinture ou en sculpture, en huile sur toile, gravure sur bois, encre de Chine ou même en henné, le culte énamouré que Esma voue à l’idée de liberté et de beauté, répondant un tant soit peu à son idéal esthétique. Rêves d’enfants Au gré de son inspiration créatrice «Juha», «Jézia Hellalia», «Boussaâdia», des personnages qui se bousculent au portillon de l’histoire, refont surface. Ils sortent des ténèbres pour rencontrer la lumière, nous font revivre nos rêves d’enfants, conjurer nos peurs et exorciser nos rancunes de cœur. Mais il ne faut pas se leurrer, car enfant ne veut pas dire enfantillage. L’art de Esma Khémir est aujourd’hui plébiscité par des critiques d’art étrangers. La réussite ne tarde pas à venir. De son passage en France et en Espagne, l’artiste n’y retourne pas les mains vides. Elle reçoit en 1986 le 2ème prix de la Biennale internationale de livres pour enfant en Espagne. En 1998, elle était la récipiendaire de prix Octogones (créations-créativité) du Centre internationl d’études en littérature jeunesse à Paris. Mona Ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com