Jeunes et santé/ Ils défient la tentation





Généralement, on les accuse d’être impulsifs et irresponsables… Cette irresponsabilité pourrait avoir des répercussions néfastes sur la santé des jeunes personnes. Rythme de vie accéléré, sans «self-control», les rend vulnérables. Mais quelle est la part de vérité? Ils débordent d’énergie, de soif de vivre, voire d’une fureur incontournable. Ce mode de vie juvénile peut donner lieu à des accidents de parcours! Certains jeunes ne souscrivent pas, cependant, à ce constat. Ramzi, 26 ans, étudiant en marketing se laisse aller parfois à quelques dépassements dans son hygiène de vie en général. Ce qui ne l'empêche pas de garder toujours la tête sur les épaules: «Je pense tout le temps aux maladies. Pour éviter d’en attraper, je fais du sport et de la marche. De formation scientifique, j’ai un +background+ qui me pousse à me maîtriser à chaque fois», dit-il. Pour garder une bonne santé, Ramzi essaye de manger d’une façon équilibrée. Quand il y a une «surcharge» alimentaire, il double d’effort physique pour brûler vite les calories en plus. En contrepartie, le seul domaine sanitaire dans lequel il ne se permet aucun dépassement est celui de la santé reproductive: « Je me protège tout le temps. En dépit du silence qui entoure la sexualité, vu notre contexte socio-culturel, je cherche toujours à être informé quant aux maladies sexuellement transmissibles. Je sais que certaines maladies sont incurables, voire fatales. Donc, je me protège pour éviter tout risque», conclut-il. De son côté, Mohamed 23 ans, également étudiant, ne peut pas s’empêcher de s’offrir quelques gourmandises: «A mon âge, je ne risque pas trop. Si je me privais dès maintenant de sucreries, de viande rouge, de fritures ou toutes choses très délicieuses, je me sentirais un peu malheureux. Cela dit, je suis raisonnable et je combats les risques d’hypertension, de diabète, etc… avec du sport et de la marche», dit-il. En dépit de la fougue juvénile, Mohamed ne prendra jamais de risque en matière de santé sexuelle: «pour moi, il n’y a pas meilleur moyen pour me protéger contre les MST ou IST que l’abstinence», ajoute-t-il. * «Il vaut mieux ne pas tenter le diable» Conscient qu’avoir des relations sexuelles non protégées rime avec MST, Mohamed a choisi de s’en passer carrément. Comme lui, Khalil, 25 ans , chef cuisinier, croit que si notre culture arabo-musulmane a interdit les relations extra-conjugales, c’est bien à juste raison: «Il n’y a aucune raison pour risquer nos vies rien que pour satisfaire nos instincts… Pour moi, il faut systématiquement appliquer la loi de Dieu: s'abstenir jusqu’au mariage», dit-il, rassuré. En contrepartie, Khalil ne peut pas avoir d’hygiène alimentaire: «vu mon poste dans la restauration, je suis contraint à consommer des aliments qui peuvent avoir des répressions sur ma santé plus tard… Mais je suis jeune et je ne peux pas m’empêcher de me faire plaisir sur ce plan», conclut-il. Mehdi Chérif, 20 ans, musicien, semble avoir une assez bonne culture en matière de santé: «Je vis dans une famille de scientifiques et de médecins. Mon père vit à l’étranger. Chez moi, il n’y pas de tabou. Nous parlons de tout… Cette relation de communication ouverte m’a permis de mettre de l’ordre dans mes idées. Ma mère ne prépare que de la cuisine saine et je mange rarement ailleurs. Quant aux MST, je sais que je ne risque rien puisque je m’abstiens de toute relation sexuelle. Et même si un jour j’aurais une relation, je me protégerais sans aucun doute», dit Mehdi. Certains autres ont peur des maladies, une peur légitime qui, d’ailleurs, les protège. Aymen Zaroui, 20 ans, élève en terminale, est un sportif. Son mode de vie est sainement préétabli: «Je suis au courant des maladies, des douleurs et de la souffrance et cela me fait peur… Solution: si on ne risque rien, on n’a rien. Donc, je me protège contre tout. Je ne mange pas d’aliments gras, de sucreries… Lors des rapports, je me protège. Etant un fan de la télé, j’ai bien vu l’horreur que vivent les sidéens…», dit-il. Pour la gent féminine, la protection est encore plus obsédante. Amira, 21 ans, étudiante, a peur pour sa santé, pour sa ligne et pour sa peau: «Je n’exagère jamais. Je mange de façon équilibrée. Je boude carrément les sucreries. Quant aux MST, cela m’horrifie… A mon avis, c’est le fait de multiplier des partenaires qui accentue les risques. Il vaut donc mieux n’avoir qu’un seul partenaire qui à son tour n’a pas d’autres rapports. Un fois assurés d’une fidélité réciproque, il n’y a pas de risque», dit-elle. Décidément, les jeunes d’aujourd’hui ont une conscience aiguë en matière de santé. C’est le signe de la salubrité. Abir chemli oueslati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com