Basket/ Super Play-Off (Finale Aller) : Soucis différents, objectif commun





Ce soir, retrouvailles palpitantes, engageantes, mais surtout musclées et un tant soit peu belligérantes entre le C.A. et la J.S.K. Dans la foulée de leur récente confrontation en demi-finales de la Coupe, nos deux meilleures formations se retrouvent dans un cadre encore plus relevé et non moins émoustillant, à savoir la première manche de la finale du super play-off. Les effluves enivrants du duel épique de la semaine dernière ne se sont pas encore totalement vaporisés que cette finale aller du Championnat fait une irruption fracassante pour, à n’en pas douter, prolonger le plaisir de tous les férus du basket et amateurs de sensations fortes, celles-là mêmes dont les acteurs nous ont gratifiés, il y a quelques jours à peine. Par ailleurs, la formule de mise donne vraiment le tournis. Censée avantager l’équipe la plus régulière et la plus méritante du Championnat, elle peut en un tournemain, se retourner contre elle. En effet, elle donne à voir un paradoxe frappant, puisqu’elle s’apparente à un véritable match de Coupe, alors que le propre d’un championnat, son essence même, est de récompenser des vertus telles que la régularité, la persévérance, l’assiduité, la patience et la ténacité. Ce qui n’est pas le cas, mais il s’agit là, de tout un débat. C’est dire l’irréductible importance de cette première manche. Les Clubistes s’attelleront à remporter ce match, pour, même en cas de défaite à Kairouan au retour, garantir la belle chez eux, et à l’inverse, les Aghlabides s’ingénieront à surprendre leurs adversaires du premier coup, pour tenter d’en finir chez eux, en leur portant l’estocade finale. C’est donc dans cet esprit, tourmenté, tiraillé, mais ô combien galvanisateur que se déroulera cette rencontre. Et c’est peut-être tant mieux pour le spectacle qui se caractérisera ainsi par son âpreté et son indécision. Qui imposera sa loi ce soir ? Le C.A., à la faveur de son jeu intérieur où excelle Ezzehi, de sa force de pénétration grâce à Amri et Dhifallah, aux multiples facettes du talent d’Essayed, ou tout simplement à sa discipline tactique et sa rigueur comportementale (qui lui ont terriblement fait défaut la semaine dernière) ? Ou la J.S.K., dont l’impressionnant potentiel technique est un gage de réussite quasi certain ? W.S. ______________ Adel Tlatli (Entr. J.S.K.) : «Avec un esprit plus dégagé» Contraint de quitter la JSK au terme de ce super play-off, série en cours, pour vaquer à plein temps aux affaires techniques de l’E.N., Adel Tlatli ambitionne ardemment de moissonner pour son équipe un, voire deux tires en guise d’adieu. Dans cette optique, ravir au nez la victoire à son antagoniste dans le fief de celui-ci est un passage obligé. * En tant que second du classement à l’issue du play-off, signer au mois un succès à l’extérieur est une condition sine qua non pour dérocher la timbale. - En effet, et j’ai, du reste, toujours stigmatisé cette formule en affirmant, l’année dernière, que le second est plus avantagé; on a taxé mes propos de faux-fuyants, eh bien, je le réitère cette année et je certifie que la JSK qui connaît un scénario inverse, est censée en tirer le plus de profit. Lors du premier match, l’équipe qui joue à l’extérieur a l’esprit plus dégagé et plus serein, contrairement à l’équipe recevante, qui est dos au mur et particulièrement rongée par la pression. Ceci dit, il ne s’agit là nullement d’une règle absolue et inamovible. Cette formule demeure, quoi qu’il en soit, une arme à double tranchant. * Revenons un peu en arrière pour évoquer l’euphorie consécutive au succès en Coupe. Subsiste-t-elle encore ou s’est-elle complètement estompée? - Croyez-moi, il n’y a jamais eu d’euphorie. Les joueurs étaient préparés à tous les scénarios possibles. Les congratulations et accolades d’après-match sitôt faites, les joueurs se sont vite remobilisés pour se concentrer sur le match de ce soir, non sans avoir eu droit à deux jours de repos. * Peut-on comprendre que vous avez soumis vos joueurs à une préparation spécifique? - Cela va de soi. Dans ce genre de match - couperet, tout se prépare en fonction de l’adversaire. Nanti des précieux enseignements du match de Coupe, j’ai dû apporter quelques correctifs à notre jeu et innover un tant soit peu, tout en cimentant davantage le côté mental, quelque peu vacillant la semaine dernière, notamment lors de la seconde mi-temps. * Que craignez-vous le plus chez votre adversaire? - Assurément la réaction d’amour-propre qu’il ne manquera pas d’avoir. Le CA aurait très bien pu arracher la victoire en Coupe et maintenant qu’il est dos au mur, il va faire preuve d’un surpassement outrancier. Mais nous avons notre petite idée sur la façon de le contrer et, j’en suis persuadé, ce sera très dur face à l’équipe la plus régulière du championnat. * Est-ce que les joueurs ne risquent pas d’être gagnés par un quelconque sentiment de suffisance? - C’est totalement à exclure. Ils sont maintenant assez mûrs pour faire la part des choses. Ils savent pertinemment que chaque match a sa vérité propre. Si la qualification à la finale de la Coupe aux dépens de ce même adversaire a bonifié leur capital-confiance, elle ne les a pas pour autant leurrés. * Pour jouer au pressing avec vous, comment comptez-vous vous y prendre pour signer un incontournable succès à l’extérieur? - Je vais essayer de m’y soustraire en vous affirmant que vous le découvrirez sur le parquet. Et puis, les intentions d’avant match peuvent facilement s’édulcorer face à la réalité du terrain, faite d’aléas et d’imprévus de tous genres. Pour tout résumer, disons que le compromis à trouver entre deux impératifs, à savoir imposer un inlassable ascendant et réduire au maximum les points forts de l’adversaire, constitue la clé de la réussite. Propos recueillis par W.S. ______________ Monaem Aoun (Entr. C.A.) : «Leçon retenue» Avoir le privilège d’être le premier entraîneur à offrir le titre de champion au C.A., est un rêve que caresse légitimement le jeune et prometteur technicien clubiste Monaem Aoun. Mais pour y parvenir, il faudra commencer par remporter cette première et infiniment cruciale première manche. Il est le premier à en convenir. * Avant tout, rapprochement des dates inhérentes aux deux événements majeurs oblige, l'élimination de la Coupe, qu’en reste-t-il? - J’avoue qu’à chaud, la déception et l’amertume étaient immenses. Toute la famille clubiste, notamment notre merveilleux public, était en droit d’espérer monts et merveilles comme couronnement à notre saison exceptionnelle, je veux dire un doublé potentiellement réalisable, mais c’est la loi du sport. A partir du lendemain, du moins au niveau des joueurs et des staffs technique et dirigeant, nous nous sommes progressivement plongés dans l’ambiance du super play-off. Autant dire que les séquelles de cette cruelle et amère éjection de la Coupe ont pratiquement disparu. * Suite à la victoire kairouanaise en Coupe, peut-on parler d’ascendant psychologique à votre détriment? - Oui et non. Tout dépendra de notre manière de gérer cette défaite et de celle de l’adversaire d’optimiser son succès. Rien ne s’offre sur un plateau, tout s’entretient et se cultive, les défaites comme les victoires, pour mettre de son côté le maximum de chances de succès. * Venons à évoquer maintenant le match de ce soir. L’importance notoire de celui-ci vous a-t-elle imposé la programmation d’une préparation spéciale? - En grande partie, oui. Car pour ce qui est des constantes, elles ont été suffisamment travaillées et fignolées à longueur d’année. Notre préparation s’est effectuée en fonction du profil de l’adversaire, c’est-à-dire de ses points forts et autres faibles. Dans cet ordre d’idées, le match de coupe a été riche en enseignements et constitue une solide référence. * Est-ce à dire que nous ne risquons pas de voir, à nouveau, une entame de match aussi désastreuse? - Ca, je peux parfaitement vous le garantir. La semaine dernière, il y a eu une défaillance plutôt mentale. Les joueurs voulaient tellement trop bien faire qu’ils sont tombés dans l’excès contraire. Mais, croyez-moi, la leçon a été bien retenue. * Toujours est-il que la pression demeure incontournable, surtout pour le club qui reçoit. - C’est vrai, et nous faisons avec. Nous n’avons eu de cesse ces derniers jours de canaliser cette donnée fondamentale dans le bon sens. Il faut dire que depuis plusieurs semaines, nous avons entamé un nouveau cycle à la faveur des derniers matches du play-off qui nous ont permis de nous propulser au premier rang. Cette pression donc, nous la vivons, la subissons depuis quelque temps. Nous la sentons dans notre chair et nos tripes et nous avons fait en sorte qu’elle sera notre principal allié. * Comment prévoyez-vous le déroulement de ce match? - Il est difficile de se le représenter mentalement. Chaque équipe va essayer de faire valoir ses atouts. Mais, par expérience, nous savons que des imprévus de tout acabit peuvent survenir, comme un ratage anodin, la défaillance d’un joueur, une erreur arbitrale ... Ce dont je suis certain, toutefois, c’est que ça se jouera dans les ultimes secondes. Et c’est à nous de nous échiner à faire la différence. Propos recueillis par Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com