Chiites irakiens : Les dissensions prennent un ton violent





Les dissensions au sein des chiites prennent, désormais, un ton violent, et ce, au moment où à Koufa et malgré la trêve, les combats ont repris, hier, faisant au moins quatre morts. Le Quotidien-Agences La querelle entre le chef Moqtada Sadr et les dirigeants politiques et religieux chiites modérés a éclaté au grand jour, menaçant de provoquer un conflit au sein de cette communauté majoritaire en Irak, un mois avant le transfert des pouvoirs. Un porte-parole de l’un des principaux partis chiites a accusé, hier, la milice de Moqtada Sadr d’être dirigée par d’anciens affidés de Saddam Husseïn et des «terroristes».«La direction de l’armée du Mehdi a été infiltrée par des Baâthistes et des terroristes et nous avons une liste de leurs noms», a affirmé aux journalistes à Najaf Cheikh Kassem Al-Hachimi, porte-parole du Conseil Supérieur de la Révolution Islamique en Irak (CSRII). Il a appelé la milice de Moqtada Sadr à quitter Najaf «le plus tôt possible», comme l’avait demandé il y a deux semaines le grand Ayatollah Ali Sistani, le plus prestigieux dignitaire religieux chiite du pays. La veille, dans le sermon lu en son nom dans la mosquée d’Ali à Koufa, Moqtada Sadr avait accablé de reproches les dignitaires chiites. * Combats à Koufa Ces querelles intestines interviennent alors que les combats ont repris hier entre l'armée américaine et les partisans de Sadr à Koufa, au sud de Bagdad, malgré la trêve. Koufa, voisine de Najaf, la ville sainte chiite du centre de l'Irak où Moqtada Sadr est retranché, a déjà été le théâtre la veille d'accrochages lors desquels quatre personnes ont été tuées. Les deux parties s'étaient accusées mutuellement de violer la trêve. "C'était calme la nuit dernière, mais ce matin les troupes américaines étaient déployées en force et ont ouvert le feu depuis leurs chars postés sur le pont de Koufa en direction des positions de l'Armée du Mehdi", a indiqué un responsable de la milice Mohammad Ghazawi. Les miliciens ont riposté. A Najaf, les miliciens semblaient toujours contrôler le secteur autour du mausolée de l'imam Ali, vénéré par les chiites, bien que leur présence soit moins visible qu'au cours des jours précédents. Le gouverneur de la ville, Adnane Zorfi, a minimisé les accrochages à Koufa. "Il y a des violations de la trêve mais cela peut arriver. L'important est que les deux parties se sentent engagées par l'accord", a-t-il dit. Zorfi a annoncé que des préparatifs étaient en cours "pour que la police prenne la relève des miliciens sur le terrain".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com