Artisanat : La créativité en débat





La créativité dans le domaine de l’artisanat est le thème d’une journée de réflexion tenue hier par l’Office national de l’artisanat. Le rapport entre la formation académique et la créativité dans le domaine, l’étude des tendances des marchés et l’absence de recherche pour l’innovation dans l’artisanat ont été, entre autres, les principaux points évoqués. Tunis - Le Quotidien La réflexion sur le sujet de la créativité dans le secteur de l’artisanat est dictée par les nouvelles exigences qui marquent le marché aussi bien national qu’international. Les promoteurs, les créateurs et les universitaires qui se sont penchés sur la question ont été unanimes à évoquer les difficultés de commercialisation que connaît le produit artisanal. La créativité, considérée comme la pierre angulaire de la promotion de l’artisanat, trouve quelques peines à se développer et ce pour plusieurs raisons. M. Habib Baklouti, directeur de l’Institut supérieur des métiers du patrimoine a mis l’accent sur la nécessité de créer des liens et de baliser le terrain pour une meilleure coopération et coordination entre l’université et les professionnels du secteur. Les travaux académiques représentent la seule solution pour injecter un sang nouveau dans le secteur. «A travers les études des tendances du marché qui se font d’une manière encore plus scientifique dans les instituts des beaux-arts on aura des résultats plus fiables concernant la crédibilité», souligne M. Baklouti. «Ces travaux doivent cependant être accompagnés par la mise en place d’un cadre réglementaire qui protège les droits des créateurs», a-t-il ajouté. M. Noureddine Elhani, directeur de l’Institut supérieur des arts et métiers de Sfax, a appelé de son côté à une ouverture de la profession sur l’université. Il a mis en exergue l’absence d’une coordination solide entre l’espace académique et l’espace professionnel. Ce qui fait que la majorité des diplômés du supérieur qui ont acquis des techniques modernes de création et qui disposent de bonnes idées ne trouvent pas le bon terrain où ils peuvent appliquer leur savoir. Par ailleurs, et au niveau de la promotion du produit artisanal sur les marchés extérieurs, un point a été évoqué et qui concerne la problématique des tendances. M. Abdelhamid Khechine, promoteur dans l’artisanat, a souligné dans ce sens que les marchés extérieurs fonctionnent désormais sur la base de la tendance. «A l’instar de la mode qui change chaque année de tendances et dans laquelle des décideurs choisissent la couleur, les produits de l’artisanat s’inscrivent aujourd’hui dans cette même logique. Notre artisanat doit suivre ce rythme et doit s’adapter aux goûts changeants du consommateur étranger. La créativité ne doit pas occulter les tendances du marché international». Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com