Jeunes et cafés : Temps libre pour grand business





Comme des champignons, cafés et salons de thé ne cessent de pousser dans la capitale et dans ses environs. Il est rare de passer dans une rue sans croiser au moins deux cafés sur une distance de cent mètres. Plus remarquable encore, ces endroits grouillent de jeunes. A ce propos comment expliquer cet engouement pour les cafés? Tunis- Le Quotidien Plus cossus les uns que les autres, les cafés ou salons de thé deviennent de plus en plus une destination privilégiée de la majorité des jeunes. Ceux-ci y passent leur après-midi voire leurs soirées. Il faut le reconnaître, les «prorios» de ce genre d'endroits y investissent fort en décoration, en services et en luxe; un cadre agréable, de la musique d’ambiance, des couleurs vivifiantes, des tableaux de peinture, des bibelots. Tout pour que le client s’y sente chez lui et y passe le maximum de son temps libre. Aujourd’hui, le café toutes catégories confondues s’avère un bon business. Un business qui profite au «proprio» mais sûrement pas à cette jeunesse qui tue le temps en sirotant force boissons à longueur de journée et en s’empoisonnant de tabac. En fait, à la question posée à certains jeunes sur leur engouement pour les cafés, ils ont presque répliqué par la même question «Où voulez-vous qu’on reste?». Hassen Bédoui, étudiant en troisième cycle éducation technique dit que c’est nettement mieux de rester à la maison. «Les cafés me permettent de voir des amis, de discuter avec eux, de prendre de leurs nouvelles… Il est vrai que ça m’arrive de passer avec mes amis des heures entières à «scruter» les passants et à multiplier les consommations. Il nous arrive souvent de nous révolter contre la situation. Mais c’est parce que nous n’avons pas d’autres lieux où aller», dit-il. Il est vrai que le pays grouille de cafés. leur nombre a dépassé de loin celui des espaces culturels. En témoigne Ali Dous, diplômé en éducation technique, qui trouve que la structure des cafés encourage le laisser-aller et le fainéantise. «Par exemple, on ne trouve presque pas de cyber-cafés ou des cafés culturels où il existe un échange d’idées, où on pourrait se cultiver et apprendre». Par ailleurs, Mohamed Lassouad Dous, étudiant aux Beaux Arts affirme avoir essayé de meubler son temps libre en allant voir du côté des maisons de jeunes. «C’est décevant. Je ne veux pas citer les noms de ces «soi-disant» lieux de culture, mais je dirais que leurs conditions ne sont pas acceptables. Aucune infrastructure, aucun encadrement. C’est triste et lugubre et c’est surtout déserté», ajoute-t-il. Pour Hassen Zarrad, technicien en chaud-froid, la situation est alarmante puisque le nombre de cafés ne cesse d’augmenter de jour en jour. * Questions d’encadrement Pas étonnant, puisqu’il est plus facile et plus accessible aujourd’hui d’obtenir l’autorisation pour l’ouverture d’un café que pour celle d’un espace culturel où les jeunes peuvent s’exprimer, s’affirmer, rêver et par dessus tout créer. Dans ce sens, Amine Ben Jaâfar, fonctionnaire dans le domaine du tourisme pense qu’il doit exister une certaine vacuité culturelle pour que les cafés soient de plus en plus nombreux et attirent encore et encore les jeunes. «A n’importe quelle heure de la journée, cafés et salons de thé, sont pleins à craquer», dit-il. Combien de ceux qui ont du talent, des idées et de la passion pour l’art, les technologies… perdent de jour en jour cette flamme qui les anime. Faute de moyens à leur disposition? ou peut-être par manque de persévérance et de motivation? En tous cas, la situation prête à réflexion. Wissal Hasnaoui


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com