Première journée du Bac 2004 : Rousseau et Benveniste font le bonheur des scientifiques et des littéraires





Les quelque 117.186 candidats au baccalauréat version 2004 ont entamé hier le marathon des examens par l’épreuve de philosophie. D’après les appréciations des candidats recueillies à chaud à leur sortie de la salle d’examen, les épreuves étaient dans l’ensemble à la portée. Bon pour le moral en attendant le reste. Tunis - Le Quotidien Une première journée sans mauvaises surprises. C’est ainsi qu’a été qualifié le premier jour de la session principale du baccalauréat qui a démarré hier avec l’épreuve de philosophie pour toutes les sections. De nombreux candidats relevant notamment des sections scientifiques n’ont pas attendu la fin de l’horaire fixé pour l’épreuve, qui est de trois heures, pour remettre leurs copies et quitter la salle d’examen. C’est ainsi que du côté du lycée de la Rue de Marseille dans la capitale, les candidats de la section mathématiques, sciences expérimentales, sciences techniques, économie et gestion ont commencé à quitter les salles des épreuves à partir de dix heures, soit une heure avant la fin du temps réglementaire. L’épreuve de philo qui a été proposée aux sections scientifiques a comporté trois sujets parmi lesquels le candidat est appelé à choisir un seul. Le premier sujet à traiter est une citation philosophique qui énonce l’inexistence de la certitude mais plutôt des gens qui ont la certitude. Le deuxième sujet propose d’analyser l’inconscience dans son rapport avec l’Etre. Enfin, le dernier sujet est un texte de Jean-Jacques Rousseau développant la dualité de l’esprit et de la morale qui détermine les rapports entre les gens. Ce texte de Rousseau a été traité par un bon nombre de candidats des filières scientifiques. Anis Bou Aroua, 4ème année - section Math, a été parmi ceux qui ont opté pour Rousseau. «Le texte est plus facile à comprendre que les premier et deuxième sujets. Il porte sur des chapitres que nous avons étudiés à la fin de l’année», affirme-t-il. Et de souligner qu’il a préféré éviter le premier sujet dans lequel il a senti l’odeur d’un piège. «C’est un sujet-piège», a-t-il dit. Certains candidats ont eu la grande chance de voir les sujets proposés relevant des chapitres auxquels ils ont accordé plus d’intérêt lors de la révision. Walid Ajili et Amira Skatni, élèves en sciences expérimentales, disent qu’ils ont prévu qu’on leur propose le thème de la morale humaine par ces temps où se multiplient les guerres et les sévices dans le monde. * Rousseau sème le bonheur Une fois l’épreuve achevée, beaucoup de candidats ont sollicité l’avis des enseignants, histoire de se réconforter un peu. M. Ibrahim Omrane, enseignant de philosophie au lycée de la Rue de Marseille, a été entouré d’élèves quand on lui a demandé d’évaluer les épreuves du premier jour du bac. «A propos des sujets proposés aux élèves des filières scientifiques, je pense qu’ils ont été généralement à la portée des candidats, surtout le texte de Rousseau qui a été, à mon avis, un très bon choix», dit-il. L’enseignant souligne toutefois les difficultés que peut poser le premier sujet qui nécessite une méthodologie claire et correcte et qui s’adopte encore plus aux élèves de lettres. * Très bon pour le moral Pour les élèves de la section lettres, la philosophie est considérée comme une matière fondamentale et déterminante de par son coefficient fixé à 4. Le poids de cette épreuve a fait que les candidats ne se soient mis à quitter la salle d’examen qu’après avoir épuisé tout le temps réglementaire. Tout comme leurs collègues des filières scientifiques, les «littéraires» ont affronté des épreuves, somme toute, faciles à aborder. Ils ont eu à choisir entre trois sujets traitant successivement de la philosophie et de la vérité, le rapport entre le travail et l’aliénation de l’Etre humain et, enfin, un texte du linguiste français Emile Benveniste traitant du rôle de la langue en tant qu’outil de contact entre l’homme et le monde. M. Ibrahim Omrane note ici que les trois sujets sont abordables. Melle Faten Tradi, candidate au bac lettres, a abordé le texte de Benveniste qui traite un sujet très classique et qui a été proposé à plusieurs reprises lors des examens des années écoulées. Melle Souhir Othmani, une autre candidate de la section lettres, pense que l’épreuve était encourageante pour le reste du parcours. «C’est très bon pour le moral», a-t-elle conclu. Les candidats attaqueront aujourd’hui les épreuves de spécialité. Des épreuves sur lesquelles on mise beaucoup pour le reste du parcours… Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com