Basket : Super Play-Off (Finale Retour)/ J.S.K. – C.A . : Suite ou…fin?





Le bras-de-fer herculéen entre les deux mastodontes du basket tunisien se poursuit. Au soir tombant, le public kairouanais fêterait son 4ème titre de champion? Ou alors, c’est son antagoniste clubiste qui reviendrait de loin et verrait ses espoirs de moissonner le premier titre de l’histoire du club, complètement requinqués. La salle de Kairouan s’avérera sans nul doute exiguë pour contenir les supporters des deux équipes, et ce, malgré le direct T.V. C’est que toute une saison peut se jouer sur ce seul match, du moment que cette formule du championnat a beaucoup de similitudes avec celle inhérente à la Coupe. Et c’est ce qui fait à la fois, son charme et son inclémence. Pour les amateurs de stéréotypes et de lieux communs, friands du lexique académique, il y aura un favori, à savoir la J.S.K. Forts de leurs deux succès consécutifs à El-Gorjani-même, le premier dans le cadre de la demi-finale de la Coupe, l’autre dans celui de la première manche de la finale su super play-off, les Aghlabides ses présenteront, tout à l’heure, dans les meilleures dispositions mentales et psychologiques. Mais attention, rien n’est encore définitivement acquis. Et les propos tenus par leur coach, Adel Tlatli, juste après la victoire de samedi dernier, laconiques mais terriblement sentencieux, sont édifiants à plus d’un titre: «Rien n’est fait, croyez-moi, je vous jure que rien n’est encore fait». C’est dire que les camarades de Bouden seront à mille lieues de se laisser griser par un quelconque sentiment de suffisance. Et sur le parquet, ils ne seront certainement pas avares de sueurs dont ils ruisselleront jusqu’à la dernière goutte pour faire prévaloir leurs impressionnants atouts, dont cette rugueuse défense, cette insolente adresse dans les tirs de la moyenne ou de la longue distance et surtout cette facilité déconcertante de la plupart de leurs individualités à se dépêtrer des situations les plus malaisées en improvisant une de leurs innombrables entourloupettes. En face, les Clubistes seront dos au mur. De leur aptitude à y puiser une force de surpassement transcendante, dépendra en grande partie, leur réussite à contraindre leurs rivaux de refaire le trajet Kairouan -Tunis pour une belle à laquelle ces derniers sont plus que rebelles. On connaît les Tunisois inoxydables sur le plan mental. Et leurs deux dernières déconvenues n’altéreront en rien leur sérénité coutumière. Reste le volet tactique et leur capacité d’optimiser leurs forces et d’édulcorer au maximum celles de l’adversaire. Et pour peu que les Rouge et Blanc retrouvent leur robustesse défensive et leur inspiration offensive, ils auront droit à leur match-rédemption. La perspective d’engager un premier titre de champion vaut tous les sacrifices. Alors, suite ou fin, à l’issue de cette deuxième manche. Wahid Smaoui _____________ * Côté Aghlabide : «Au top de ses moyens» «D’après ce qu’il m’a été donné de voir, la J.S.K est parvenue, pour l’heure , au paroxysme de ses moyens, physiques et techniques. Elle est actuellement à son meilleur niveau de forme et sa postulation vers le haut arrive, pour elle, au meilleur moment. Sur le plan défensif, les Kairouanais ont énormément progressé. Ils recourent parfois à une défense homme-à-homme avancée avec trapping (deux défenseurs sur un attaquant adverse) qui leur permet de désorganiser le jeu offensif des Clubistes. En attaque, le jeu des Aghlabides se caractérise le plus souvent par l’improvisation. L’application est loin d’être leur point fort. D’ailleurs, chaque fois qu’ils cèdent à ce jeu par trop approximatif, ils offrent à leurs adversaires l’opportunité de revenir au score. En outre, les Kairouanais optent par intermittences pour le jeu périphérique en attaque, basé sur les tirs, exercice dans lequel ils excellent. mais, il y a des moments où ça tique. Ils se rabattent alors sur le jeu intérieur et, le plus souvent, grâce notamment à Slimène et Bouden, ça fonctionne à merveille. Ceci dit, et honnêtement, je vois la J.S.K décrocher finalement la timbale eu égard à la forme du moment resplendissante qu’elle connaît, à la richesse de son effectif, à la faveur d’un «banc» extrêmement compétitif et à l’appui de son public et l’avantage du terrain. Mais ce dernier point est assurément à double tranchant, les Kairouanais pouvant s’emballer plus que permis». W.S. _____________ * Côté Clubiste : «L’indigence du banc» «Le point fort des Clubistes est, sans conteste, leur défense. J’estime à ce propos, que la première mi-temps livrée dans le cadre de la demi-finale de la Coupe, est un accident de parcours et ne constitue guère une référence. Quand ils appliquent leur impitoyable homme-à-homme, leur défense devient pratiquement inexpugnable. Le recours épisodique à la zone leur joue le plus souvent un sale tour face à l’adresse inouïe des Kairouanais. C’est dire que les Tunisois fournissent, en défense, de gigantesques efforts. Et pour leur malheur, ils en payent les frais en attaque, quand ils se redéploient offensivement. Et comme, contrairement aux Kairouanais, ils paraissent, au plan physique surtout, en nette régression, ayant atteint leur top depuis plusieurs semaines déjà, ils n’ont plus le jus nécessaire pour procéder aux accélérations qui s’imposent en attaque et qui permettent de déstabiliser l’arrière-garde adverse, surtout que celle-ci est très agressive et, par ricochet, fort dissuasive. Si la J.S.K est le favori logique, le C.A ne se présentera pas pour autant en victime expiatoire. Les Clubistes n’ayant plus rien à perdre, ils joueront l’esprit plus dégagé qu’à El Gorjani. S’ils mènent au score prématurément, ils seront rejoints et même engloutis bien avant la fin de la rencontre. Si, par contre, ils parvenaient à faire jeu égal jusqu’à 2’ de la fin, ils aspireront légitimement à la victoire. Ce qui pourrait leur être fatal, c’est l’indigence de leur banc, attendu que l’équipe tourne avec pratiquement sept joueurs seulement». W.S. _____________ L’œil de l’Observateur/ Elloumi jauge et juge Pour avoir largement contribué à la naissance et à l’épanouissement de la grande équipe qu’est actuellement la J.S.K et pour avoir eu également sous sa direction technique le C.A qu’il a mené il y a deux saisons jusqu’en finale du championnat, face à ce même adversaire, Abdessattar Elloumi est assurément le mieux placé pour se plier au rôle extrêmement subtil de consultant technique. Avant d’entrer de plain-pied dans l’analyse technique, il a tenu à préciser que, même s’il connaît parfaitement les deux équipes, ,son présent jugement est globalement conditionné par les deux derniers matches (Demi-finale Coupe de Tunisie et première manche du Super play-off). _____________ * Vœu pieux Il concerne l’arbitrage. Après s’être assurés qu’il sera tunisien, nous souhaitons de tout cœur que la paire arbitrale soit à la hauteur de l’événement. C’est l’occasion idoine pour que l’arbitrage local rebondisse et batte à plate couture ce malencontreux recours à des directeurs de jeu étrangers. La responsabilité incombe aussi aux deux équipes, appelées à ne pas mettre une pression insoutenable sur les deux arbitres, ainsi qu’au public qui doit se montrer connaisseur. Et que le meilleur gagne! W.S.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com