9ème Anniversaire de la disparition de Cheikh Imam : Imam est mort, vive le Cheikh !





Une soirée nostalgique, des chansons rappelant le bon vieux temps, des rythmes et des voix très engagés qui font voyager au bord du Nil et d’Ismaïlia où repose le dernier des Cheikhs de la musique classique arabe ; telle était l’ambiance avant-hier à la salle El Teatro, à l’occasion du 9ème anniversaire de la disparition de Cheikh Imam, un des derniers grands compositeurs de la musique arabe classique. Aux dires de Jacques Berque, «l’authentique, l’originel, c’est le geste de l’homme aménageant la source, celui-ci ne peut être que savouré». Cette assertion illustre parfaitement l’aura de la séance d’écoute de certaines chansons de Cheikh Imam, mais également le concert d’interprétation donné avant-hier de quelques-unes de ses nombreuses compositions. C’est que, le public qui est venu nombreux assister au concert, mémorisait par cœur les chansons les plus célèbres du Cheikh. Aussi bien durant la séance d’écoute que pendant le concert donné respectivement par Jamel Guella et Chadli Khomsi (Kanatar) le public a, non seulement chanté les compositions reprises par les artistes, mais a aussi réclamé d’autres chansons engagées, non pas des moins célèbres du Cheikh. «La principale raison de la fidélité du public à l’un des derniers grands compositeurs de la musique classique arabe, réside dans le fait qu’il a une musique qui inspire. Ses compositions ont influencé toute une génération d’hommes engagés des années 70 et restent immortelles à jamais», a commenté Jamel Guella avant le début du concert. D’ailleurs, cette ambition d’immortaliser les compositions du Cheikh a dominé, d’amont en aval, durant le concert. A l’aide de son «oûd», Jamel Guella a enchanté et survolté le public en reprenant une demi-douzaine de morceaux de Cheikh Imam, comme «Abdel Wedoud», «Gloire aux combats» entre autres. Pendant près d’une heure et demie, Jamel Guella a arrangé ces morceaux dans un style musical aux sons andalous produits par les cordes sèches du oûd. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’artiste a été fidèle aux compositions du Cheikh, même si la différence vocale, comme dans toute composition, reste apparente. «Assafiri» Dans un style dominé tantôt par la comédie, tantôt par l’humour, Noureddine Jellala a interprété certaines chansons humoristiques du Cheikh, comme «Assafiri», avant que Chedli Khomsi et le groupe «Kanatar» ne chantent une série de compositions et de chansons engagées, à «la mode de Faïrouz». Rappelons qu’avant cette prestation, Fatma Turki avait aussi repris certaines des compositions engagées de Cheikh Imam. Une initiative quand même qu’il convient de saluer puisque peu de voix féminines ont interprété les chansons engagées du Cheikh. Ousmane WAGUE _______________ * «Imamiettes» Le mercredi 7 juin 1995, constitue-il vraiment le départ définitif de Cheïkh Imam Aïssa, le célèbre chanteur engagé de la scène de la chanson égyptienne et arabe ? Il nous a quittés à l’aube de cette journée morose, triste. Un moment tragique certes, mais comme disait notre confrère Abdelbari Attwan, rédacteur en chef du Journal «Al Kods Al Arabi» édité de Londres : «Seuls les vivants méritent les condoléances». Cette réaction à l’assassinat de l’autre, Cheïkh Yassine, leader politique de «Hamas», un des mouvements de la libération de la Palestine, lâchement assassiné par les Israéliens, s’applique à merveille au présent cas. Comme toutes les sommités de l’histoire toutes vocations comprises, l’ombre de Cheïkh Imam domine encore l’espace artistique et culturel arabe, et ce malgré la montée de nouveaux modèles de l’art de consommation. Avant hier, et à l’occasion de la deuxième journée des deuxièmes rencontres autour de l’artiste Imam Issa «Itjammaou El Ouchak». Toutes les générations de mélomanes : les artistes, de Jalila Baccar à Fatma Triki qui a accompagné Jamel Guilla dans son récital, les journalistes : de l’animateur Habib Belaïd jusqu’à nos jeunes confères de l’ERTT ont applaudi de tout leur cœur cette nouvelle occasion commémorative du départ du Cheïkh Imam Issa. C’est à travers ces générations que le souvenir de cet enfant prodige de la chanson arabe réside dans notre mémoire collective. N’est-ce pas ? Mondher CHRAIET


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com