Etudiants et correcteurs : Qui paie la note?





A présent les élèves et étudiants ne pensent qu’aux examens et a fortiori aux résultats. Admis, ajournés ou refusés sont les mots du verdict qui les rongent tant… Certains étudiants qui sont sûrs de leurs niveaux et de leurs travaux, restent parfois ébahis, une fois le résultat proclamé, face à leurs notes et pointent de l’index l’injustice de la correction. Les futurs étudiants ont généralement dans l’idée que le bac reste le plus fiable au plan de la correction. Etant sûrs que les correcteurs ne les connaissent ni d’Eve ni d’Adam et sont réellement face au travail anonyme, ils sont plus assurés quant aux notes qu’ils vont obtenir. Adel, lycéen, 20 ans pense que l’examen du bac détermine réellement le niveau réel des bacheliers surtout pour les scientifiques: «Les correcteurs ne nous connaissent pas. Ils sont donc très objectifs. En outre, il y a un barème clair et une double correction. je suis donc sûr que les notes que nous aurons, seront à 100% vraies». Selon Adel, la seule injustice qui pourrait advenir, lors de la correction concerne les littéraires: «La correction des matières littéraires dépend des convictions des correcteurs, à mon sens. Rien n’est fixé d’avance. Les candidats littéraires sont les seuls à n’avoir aucune garantie. C’est plutôt une question de pif car un élève peut avoir un bon niveau, mais ses idées peuvent aller à contre-courant de celles des correcteurs et là c’est la catastrophe…» dit-il. Cependant, pendant la scolarité qui précède le bac, les élèves émettent des doutes en matière de correction. Zied, élève en 5ème est persuadé qu’un professeur ne peut pas garder son objectivité face à une copie connue: «Ce n’est pas une question de vengeance ou quelque chose dans le genre. C’est humain!. Un élève turbulent ou insolent, sera noté différemment d’un autre. Le professeur sait à qui appartient la copie et il note automatiquement le travail et l’élève lui-même. Voilà la différence!». Pour Salah, élève de 19 ans, il est totalement inadmissible qu’un professeur note ses élèves selon des critères personnels: «Un professeur qui apprécie un élève ou a des liens parentaux ou amicaux avec sa famille, le notera sans aucun doute différemment d’un autre élève. Ce problème existe aussi pour les élèves des écoles privées et ceux qui suivent des cours particuliers. Ce fléau est malheureusement très répandu. Il faudrait que les élèves rédigent leurs devoirs sur des copies anonymes et avec une écriture informatisée pour éviter tout dérapage», dit-il. Le problème de la correction injuste peut selon Mohamed Ali, élève de 19 ans, prendre un aspect dramatique: «Certains professeurs peuvent noter injustement un élève rien que parce qu’il n’apprécie pas son visage. D’autres professeurs sont régionalistes, ils nous notent selon nos noms de famille. Il y a même des professeurs misogynes qui notent selon leurs préjugés, les filles ou les garçons. C’est selon», dit-il. * Le harcèlement par les notes Lilia H, 22 ans, étudiante met l’index sur un problème de taille: la vengeance via les notes! «lors de ma première année à la faculté, l’un de les professeurs me faisait «des avances» d’une manière implicite. Quand je n’ai pas répondu de la façon qu’il attendait et surtout quand il a su que j’étais fiancée, il a commencé à me coller des notes non conformes à mon niveau. Certes, il m’a donné un 10/20, mais ce n'était pas la note que je méritais. Il m’a même retiré injustement des notes, croyant qu’avec ce genre de harcèlement j’allais céder. J’ai demandé une double correction et on m’a rendu justice. Ma réelle note était de 15,5/20», confie-t-elle. * Victimes de la mauvaise humeur Les élèves et étudiants semblent aussi souffrir d’une autre forme d’injustice: la mauvaise humeur des correcteurs. Slim, 19 ans, étudiant souligne que certains correcteurs sont trop subjectifs: «Personne ne peut garantir la validité des notes en dépit de l’anonymat des copies, des barèmes fixes et des doubles corrections. Certains codes sont erronés. Certains agents de l’administration, viennent travailler en étant en mauvaise humeur. Résultat, on se trompe de code et de noms et ce sont les étudiants qui paient la note en nous collant les notes d’un autre étudiant. Ces sautes d’humeur ont leurs impacts lors de la correction, car certains correcteurs corrigent dans de mauvaises conditions: chaleur de l’été, fatigue, stress… Et c’est toujours nous qui payons la facture…», confie-t-il. Certes quelques incidents peuvent se produire au cours de la correction, mais il faut dire que certains professeurs sont aussi corrects et très honnêtes… Abir Chemli Oueslati


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com