Que lisent les Tunisiens?





* Entre essais et ouvrages d’analyse Les librairies vendent beaucoup plus d’essais que de romans, et d’ouvrages en français qu’en arabe. Le lectorat est composé essentiellement d’étudiants, de femmes et d’étrangers. Que lisent les Tunisiens? Difficile de répondre à cette question en l’absence de données et de statistiques vérifiables. Au fait, ni les libraires, ni les éditeurs, ni les écrivains ne disposent de chiffres exacts concernant le lectorat. Les médias qui sont censés établir régulièrement le classement des ventes, ne s’acquittent malheureusement pas de cette mission. Comment donc savoir ce que lisent les Tunisiens, les ouvrages qui se vendent le mieux ou les écrivains qu’ils préfèrent? Nous avons posé cette question aux responsables de quatre librairies les plus fréquentées de Tunis. Leurs réponses, qui ne sont pas toujours étayées par les chiffres, ne nous permettent pas d’établir un classement quelconque. Elles nous donnent néanmoins des indications assez significatives, mais qui restent, bien entendu, à confirmer par des enquêtes plus recherchées. Il ressort des témoignages de quelques responsables dans les librairies Al Kitab, Claire Fontaine, Caliga et le Gai Savoir que les Tunisiens lisent encore, peut-être moins que dans les années 1970 et 1980, mais suffisamment pour que les librairies continuent à faire leur beau métier. Il ressort aussi que: - Il se vend en Tunisie -tous genres confondus- plus de livres en français qu’en arabe. L’un des libraires interrogés, ajoute que les étrangers résidents ou de passage chez nous, assurent la plus grande partie de son chiffre d’affaires. - Les Tunisiens lisent beaucoup plus les essais et les ouvrages d’analyse et de réflexion, surtout ceux inscrits dans le programme de l’enseignement. - Ils préfèrent les romans aux recueils de poésie, parent pauvre de l’édition, un peu partout dans le monde. - Nos compatriotes font confiance aux valeurs sûres de la littérature arabe et internationale et sont donc par conséquent peu portés sur la découverte de nouveaux auteurs. - Depuis quelques années, les ouvrages primés par Le Comar d’Or, décerné chaque année pour le meilleur roman tunisien d’expressions arabe et françaises connaissent généralement un succès populaire. C’est le cas notamment de «La dernière Odalisque» de Fayçal Bey, «Les Sultanes de Bab Souika» de Hamadi Abbassi, «L’Emir et les Croisés» de Alia Mabrouk et «Le Retour de l'Eléphant», de Abdelaziz Belkhodja. * Les meilleures ventes Parmi les meilleures ventes de ces douze derniers mois, on cite dans le désordre: «L’Etat Voyou» de William Blum, «Irak: les armes introuvables» de Hans Blix, «Le Dernier ami» de Tahar Ben Jelloun, «Villa Jasmin» de Serge Moati, «Origines» de Amin Maâlouf, «L’Affaire de Bizerte» de Sébastien Abis,«Les Beys de Tunis» de Mokhtar Bey, «Histoire d’une avenue» de Fatma Ben Becheur, «Tunisie entre ciel et terre», photographies de Jalel Gastalli et texte de Frédéric Mitterand, «L’Amande» de la Marocaine Nejma, «Mektoub» du Brésilien Paolo Cœlho, «Blacklabel» de Tahar Fazaâ, «Jardin à la Marsa» de Cécile Aumhani, «La Tunisie antique» de Hédi Slim, «Le Maltais de Bab El Khadhra» de Claude Rizo, «Aboulkacem Chabbi» de Abderrazak Cheraïet. S’agissant des romans de langue arabe, c’est «la romancière algérienne Ahlem Mostaghanmi qui remporte haut la main la Palme d’or des meilleures ventes», nous confie Badreddine Daboussi, le patron de la librairie Le Gai Savoir. Sa trilogie «Mémoire du corps», «Anarchie des sens» et «L’Amant éclair», ont atteint respectivement 19, 16 et 3 éditions. Autre best-seller de tous les temps, «Le Pain nu» du romancier marocain Mohamed Chokri. Les écrits de Mahmoud Messaâdi notamment «Ainsi parlait Abou Houraïra» et «Le Barrage» continuent à se vendre très bien. Et pour cause : ils sont au programme du baccalauréat; On cite aussi parmi les meilleures ventes «Rahmana», roman populaire du Tunisien Hassanine Ben Ammou et «Qobbat akher ezmen» (la coupole de la fin du monde) de Abdelwahed Brahem et «L’œillet ne pousse pas au désert» de Hédi Thabet, Comar d’Or 2004. Au rayon poésie, c’est le poète palestinien engagé Mahmoud Derouiche qui a les faveurs des lecteurs, devançant Nizar Qabani, poète cher aux femmes et Ahmed Foued Nejm, le favori de Cheikh Imam. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com