Jeunes et argent : Les mauvais comptes





Du pognon, du pognon, rien que du pognon. Pas mal de jeunes d’aujourd’hui sont habités par le souci du gain facile, voire malhonnête. Ce désir lié à l’argent a revêtu chez certains toutes les caractéristiques d’une dépendance. Nombreuses sont les stratégies pour obtenir de l’argent. Ces jeunes ne reculent devant rien pour en avoir. Tunis — Le Quotidien «La fin justifie les moyens». Nombreux sont ceux qui ont adopté cet adage pour en faire un principe fondamental de leur vie. Pour couvrir leurs besoins quotidiens, qui ne cessent d’augmenter de jour en jour, ces jeunes, au dépens de leur parents et de leur entourage, usent de leur intelligence pour se procurer le maximum d’argent possible. Nouha W. bac éco., 20 ans, fait partie de cette catégorie de jeunes qui prennent leurs études comme alibi pour soutirer de l’argent à leur parents. «Je suis des cours de rattrapage depuis le début de l’année. Je demande toujours une somme supérieure à celle que mon professeur requiert. Je garde le reste pour moi puisque les parents ne vérifient pas auprès du prof», dit-elle. Et d’ajouter que ce qu’elle fait n’est pas honnête vis-à-vis de ses parents. Cependant, elle se trouve obligée d’agir ainsi puisqu’elle a besoin de «fric» pour satisfaire ses besoins en aliments, en «fringues» et en sorties. De nombreux élèves et étudiants sont partisans de cette ruse surtout lorsque les parents sont «radins». A ce propos Marouane Ben Rajeb, 21 ans, bac lettres, dit n’avoir aucune culpabilité à «arnaquer» ses parents puisqu’ils ne sont pas compréhensifs. «Généralement, la mère fait des efforts en faisant des économies, qu’elle remet après à sa progéniture». Par ailleurs, Marouane se débrouille autrement pour de se faire de l’argent. En effet, il achète des fringues à un prix très bas qu’il double au moment de la vente. «L’année dernière je me suis fait beaucoup d’argent grâce à ce commerce qui peut toucher l’électroménager, les portables,...», affirme-t-il. * Le créneau du marché noir Pour Issam Bahri, 22 ans, étudiant en anglais, son créneau est exclusivement le marché noir des billets de concerts, ou de soirées, mais également des femmes friquées jusqu’à la tête, le plus souvent des étrangères qui viennent en touristes. A ce propos Issam explique cette frénésie de l’argent par l’affluence de l’entourage. «En effet, le côté matériel a envahit nos vies», dit-il. «Les besoins ont évolué et tout le monde désire avoir une existence confortable. Là où un jeune trouve une possibilité de se faire du fric, il le fera sans âme ni conscience parce qu’il aspire à une vie meilleure où il pourra se payer tout ce dont il a besoin», continue-t-il. Moins débrouillardes dans le commerce et la contrebande, la gent féminine préfère compter sur leur partenaire qui, souvent, est prêts à casquer un pognon fou pour les beaux yeux de leur belle. En témoigne Nouha qui, pour surmonter ses difficultés financières, a dû trouver un copain pour la prendre en charge. Par estime ou pour des raisons bassement matérielles, elle convoque son intelligence et son savoir-faire. La situation est probablement quelque peu différente pour les mecs. A ce propos Montassar D., 22 ans, bac lettres, dit avoir beaucoup de chance avec les femmes pleines aux as. Il dit ne jamais choisir la situation dans laquelle il se retrouve. «Ca me tombe toujours sur la tête par hasard. «Franchement, il est difficile de résister à une femme qui se propose de te prendre en charge. N’est-ce pas ! ?», dit-il avec ironie. Décidément pour une certaine catégorie de jeunes, tous les moyens sont bons pour avoir de l’argent. Refusant de plus en plus la misère, ces jeunes piétinent souvent leurs principes, leur éducation pour obtenir de «l’argent facile». Partisans des solutions de facilité, ils s’engouffrent dans un circuit duquel il est difficile de sortir. Wissal HASNAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com