Irak : L’ONU vote, la Résistance aussi





La Résistance irakienne a multiplié hier ses actions quelques heures après le vote à l’ONU d’une nouvelle résolution sur le transfert de la souveraineté en Irak. Le Quotidien - Agences L’oléoduc principal reliant les gisements de Kirkouk (nord) au terminal turc de Cheyhan a été attaqué hier pour la troisième fois depuis dimanche. «Une bombe de forte puissance, placée à 80 km à l’ouest de Kirkouk, sur le principal oléoduc reliant cette ville à Ceyhan a explosé tôt le matin», a affirmé le chef de la défense civile de Kirkouk. La centrale électrique de Baiji, d’une puissance de 400 mégawatts, a été arrêtée par le sabotage de l’oléoduc qui l’alimentait, dans la nuit de mardi à mercredi, ce qui a provoqué d’importantes coupures d’électricité, a en outre indiqué le ministère de l’Electricité. «L’oléoduc, reliant les gisements pétroliers de Kirkouk à la raffinerie de Baiji (la plus importante du nord de l’Irak) et alimentant la centrale électrique de la ville a été saboté mardi soir», selon le ministère. D'autre part, une attaque au mortier contre une base de la défense civile (ICDC) et de l’armée près de Saqlaouia, au nord de Falloujah, a fait neuf blessés dont un grièvement atteint, selon des témoins. «Nous étions à proximité lorsque une attaque au mortier a visé une base de la nouvelle armée et de l’ICDC. Nous nous sommes précipités sur les lieux et avons aidé à évacuer sept blessés», a déclaré l’un d’eux. Suite à cette attaque, une quinzaine de chars américains se sont regroupés à l’entrée est de la ville rebelle de Falloujah, a constaté un journaliste de l’AFP. Les chars se trouvent sur l’ancienne route menant à la ville, à un kilomètre à l’est du point de contrôle qui commande son entrée, a précisé le journaliste. Les militaires interdisaient l’entrée et la sortie de la ville, selon la même source. Dans la foulée et à Bagdad, des hommes armés à bord d’une voiture ont ouvert le feu hier sur un camion militaire américain, qui était toujours en feu une heure après l’attaque, ont indiqué un témoin et un GI. L’attaque a eu lieu dans le quartier Al Khadra dans le nord-ouest de Bagdad, où l’armée américaine est fréquemment prise pour cible. La foule injuriait les pompiers qui tentaient d’éteindre l’incendie en insistant pour qu’ils laissent le véhicule se consumer. - Vote à l’unanimité Ces attaques interviennent à quelques heures de l’adoption du Conseil de sécurité d’une nouvelle résolution sur le transfert de la souveraineté. Un avant-goût des difficultés qui attendent la coalition dans le pays. Après cinq semaines de négociations, Washington et Londres ont fait tomber les dernières réserves exprimées par certains membres du Conseil en intégrant un nouvel ajout sur la question des relations entre les Irakiens et la force multinationale (FMN) qui sera maintenue après le 30 juin. Ce point était jusque-là la principale pierre d'échoppement entre Etats membres. Plusieurs pays, dont la France, l’Allemagne, la Chine, la Russie, l’Algérie, souhaitaient que la souveraineté irakienne soit entière, y compris en matière de sécurité. La dernière version du projet stipule que le pouvoir irakien et la FMN coopéreront sur le plan militaire, y compris sur «les opérations délicates». Elle ne donne toutefois pas de droit de veto à Bagdad, comme les Français l’avaient proposé. Après l’adoption du projet, le Premier ministre irakien Iyad Allaoui a estimé en substance, lors d’un entretien avec la télévision américaine Fox News, qu’un gouvernement irakien souverain serait mieux à même de résoudre les problèmes de sécurité de son pays, tout en ajoutant que l’aide américaine était toujours nécessaire. «Le vote aujourd’hui du Conseil de sécurité des Nations unies est une grande victoire pour les Irakiens», a dit le président américain George Bush. Difficultés La résolution est «une étape importante pour le nouvel Irak», a estimé de son côté le Premier ministre britannique Tony Blair, alors que le président russe, Vladimir Poutine, parlait de «grand pas en avant». La France, par la voix de la porte-parole de la présidence Catherine Colonna, a estimé que la résolution était «un texte important pour la poursuite du processus politique en Irak». Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan s’est félicité que la résolution ait été adoptée à l’unanimité et a estimé que celle-ci était «équitable» et «complète». Le haut représentant pour la politique extérieure de l’UE, Javier Solana, a, pour sa part, salué, hier, l’adoption de la résolustion tout en avertissant que la situation sur le plan de la sécurité demeurait préoccupante dans ce pays. Mais au Conseil de sécurité, les ambassadeurs de la Chine, de la Russie et de la France ont insisté sur les défis et difficultés qui attendent l’Irak. Pour la Russie Alexander Konuzin, «beaucoup dépendra du fait de savoir si les Irakiens eux-mêmes sentent une vraie transition par rapport à l’occupation militaire (…) seul le temps dira si l’adoption de cette résolution contribuera à un revirement pour l’Irak». Pour la Chine, les événements, qui ont obligé les Etats-Unis à demander l’assistance de l’ONU, montrent aussi l’importance d’une coopération. «Les grandes questions internationales requièrent la sagesse collective», a dit l’ambassadeur. «C’est une nécessité de l’histoire et le seul choix viable pour la communauté internationale».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com