Le sommet de G8 : Désaccord sur l’Irak, réticence sur le G.M.O.





Les huit plus grandes économies du monde ont entamé hier un Sommet aux Etats-Unis dominé par la question du Grand Moyen-Orient et l’Irak. Du pain sur la planche pour le président Bush devant une Europe réticente. Le Quotidien-Agences Les dirigeants du G8 ont commencé ,hier, les travaux de la première journée du sommet consacrée à une discussion sur l'économie mondiale et le projet de Grand Moyen-Orient. Sous les ventilateurs de l'hôtel de luxe de Sea Island, petite île des côtes géorgiennes choisie par l'hôte George W. Bush, les dirigeants du Japon, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, de France, du Canada et de Russie ont d'abord fait un tour d'horizon de l'économie mondiale. Contrairement aux années précédentes, la croissance n'inspire pas d'inquiétude, mais l'envolée des prix du pétrole a suscité celle du chancelier allemand Gerhard Schroeder, dont l'économie peine à décoller. Ensuite, les huit se sont serrés autour de la table pour accueillir plusieurs dirigeants de pays musulmans (Afghanistan, Algérie, Bahrein, Jordanie, Turquie, Yémen) et discuter du projet américain de réformes économiques et politiques dans une vaste région allant du Maghreb à l'Aghanistan. Cette initiative du "Grand Moyen-Orient", dont l'ambition le dispute à l'opacité, ne suscite sans doute guère d'enthousiasme. - Réticences Déjà, l'Arabie saoudite et l'Egypte ont décliné l'invitation en signe de protestation contre ces projets de réformes imposées de l'extérieur. Le roi de Jordanie Abdallah II a quant à lui prévenu qu'il comptait bien expliquer à George W. Bush que les Arabes devaient rester maîtres de leur destin. En effet, les huit grandes puissances ne sont pas encore d’accord sur l’initiative américaine concernant les réformes au Moyen-Orient, a affirmé un haut responsable russe qui a précisé qu’au cours de la préparation du Sommet, les Etats-Unis avaient soumis au moins une proposition suscitant un large rejet. «Les Etats-Unis ont proposé un fonds pour le développement de la démocratie, cela a effrayé tout le monde», a déclaré ce responsable devant quelques journalistes. Selon une source proche de la délégation russe, le président français, Jacques Chirac, à la vue de cette proposition, a immédiatement téléphoné au président américain. Cette initiative sur le «Grand Moyen-Orient» ou sur «le Moyen-Orient élargi et l’Afrique du Nord» suscite un malaise à la fois en Europe et dans le Monde arabe, où elle est souvent vécue comme une tentative d’imposer des réformes de l’extérieur. La deuxième partie de la journée a été consacrée aux questions de sécurité et au terrorisme. Les Américains ont déjà fait savoir qu'ils préparaient un texte sur le renforcement de la coopération en matière de sécurité aérienne, un sujet qui ne plaît guère aux Européens inquiets des empiètements sur la vie privée que constituent les partages de données sur les passagers. Au dîner, devaient rester les grandes questions internationales du moment, à commencer par l'inaccessible paix au Proche-Orient, dossier illustré cette année par les problèmes du gouvernement israélien provoqués par la décision de retrait de la Bande de Gaza. - L’OTAN en Irak Le Sommet du G8 a été l’occasion pour le président américain George W. Bush pour appeler à une implication plus grande de l'Otan pour stabiliser l'Irak. "Nous avons discuté pendant le petit déjeuner de l'implication de l'Otan, et nous sommes convaincus que l'Otan devrait être impliquée. Nous allons travailler avec nos amis de l'Otan pour poursuivre au moins le rôle actuel et nous espérons qu'il sera étendu dans une certaine mesure", a dit George Bush après une rencontre bilatérale avec le Premier ministre britannique Tony Blair, en marge du sommet du G8. "Il y aura évidemment quelques obstacles", a toutefois reconnu le président américain, une allusion voilée au fait que la France et l'Allemagne ont déjà annoncé qu'elles ne voulaient pas envoyer des troupes en Irak après s'être opposées à la guerre lancée en mars 2003 contre ce pays par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Mais l'avis du président américain n'est pas partagé par tous les pays de l'OTAN. Une telle intervention serait une "erreur", a ainsi déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos qui a réitéré que son pays ne renverra pas de troupes en Irak, "quel qu'en soit le parapluie". Le Président français s’est, pour sa part, déclaré «tout à fait réservé» sur une intervention de l’OTAN en Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com