Le Blues de Mounir Troudi : Sur fond arabo- berbère





Le blues, ce genre musical sollicite peu d’amateurs en Tunisie. D’ailleurs, les «bluesmen» se comptent sur le bout des doigts. Mounir Troudi fait partie de ces rares «bluesmen» qui se sont forgés une personnalité dans le monde du blues en y introduisant des rythmes arabo-berbères, ce qui est rare dans l’histoire de ce genre musical. Dans l’interview qui suit, il retrace son parcours musical, ses sources d’inspiration et expose ses futurs projets. * Vous avez un style de blues un peu particulier qui n’a pratiquement pas de repères dans le monde du blues. Quelles sont vos principales sources d’inspiration? - Ma musique s'inspire de mes origines arabo-berbères et andalouses, et, particulièrement, de cette fresque de civilisations qui ont brillé sur le sol tunisien et, parmi lesquelles, les Phéniciens, les Puniques, mais également les Andalous. De l’influence de ces civilisations, j’ai su élaborer un mélange particulier et forger un style de blues qui m’est propre. Côté composition, je m’identifie à moi-même plutôt qu’à un autre «bluesman». N’empêche que j’écoute tous les «bluesmen», mais je n’ai pas de préférence particulière pour un bluesman ou pour un autre, qu’il soit de l’ancienne génération ou de la nouvelle. * Dans la tradition et la musique classique arabe, quelles sont les tendances musicales qui ont influencé votre style et votre façon de chanter? - Mon genre musical reste dominé par le style purement bédouin. Il arrive, dans certaines compositions, que je m'inspire d’autres genres musicaux pour composer des morceaux «Ethno». Mais, je reste particulièrement influencé par la façon dont certains lecteurs psalmodient le Saint Coran notamment dans ma façon de chanter. En effet, pour me forger une façon de chanter qui m’est totalement propre, j’ai été amené à étudier, en profondeur, le modèle de lecture du Coran, puis les anciens de la musique classique arabe, comme Mohamed Abdelwaheb, Oum Kalthoum, Salah Abdelhay, entre autres. Leur façon d’interpréter les chansons est très profonde, bien ficelée et très sincère. * Votre genre musical reste encore peu introduit ou peu connu en Tunisie. Qu’est-ce que vous avez réalisé sur l’échiquier musical national et international pour que le blues soit un genre prisé en Tunisie? - Sur le plan national, j’ai introduit des rythmes de blues, dans certains de nos genres traditionnels et participé à des concerts d’El Hadhra, en compagnie de Fadhel Jaziri, Samir Agrébi, depuis 1994. Avec le groupe «Bani-Bani», nous avons fait aussi un concert de chants bédouins, en 1995. En 1998, toujours avec Samir Agrébi, nous avons meublé la séance d’ouverture du festival de Carthage. Deux ans plus tôt, en 1996, nous avions réalisé aussi une pièce comique qui relate des chansons d’amour des années 60. J’ai travaillé également durant l’année 1994 sur des succès et animé un cycle de concerts à Carthage qui ont drainé un public nombreux. Mais l’année 2000 a marqué un tournant dans ma carrière musicale. Elle fut marquée par la rencontre avec Eric Truffaaz, un trompettiste français qui m’a invité à prendre part à des concerts à Paris. Une rencontre qui a débouché sur la production d’un album avec le groupe «Lady-land», puis, le tube «Mautus. Sur le plan international, j’ai effectué, également, des tournées aux USA, au Canada et en Afrique du Sud. J’ai aussi donné un concert à Jérusalem Est, au Festival des chants de la liberté et puis à Beït Lahm. * Quels sont vos futurs projets? - Avec Eric Triffaaz, nous comptons produire un deuxième C.D avec le groupe «Lady land» et qui sera enregistré au mois de septembre 2004. Mais, auparavant, du 19 au 21 juin, nous effectuerons une tournée en France: à Romans, puis à Paris le 27. Je dois, par ailleurs, clôturer le Festival d’El Jem, fin août. Entretien conduit par Ousmane wagué


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com