Le G8 s’achève sur un désaccord : Le poids de la France





Le Sommet de Sea Island s'est achevé avant-hier sur un nouveau tiraillement entre pays-membres, Etats-Unis et France surtout, sur le rôle que l'OTAN pourrait jouer en Irak. Il n'y a pas eu de concertation sur la rédaction des conclusions du sommet. Le Quotidien-Agences Un sommet du G8, de l'ONU à l'OTAN, mais toujours à propos de l'Irak. Ouvert mardi à l'heure de la signature d'une résolution sur le transfert de souveraineté, le sommet de Sea Island, Géorgie, s'est achevé sur un nouveau tiraillement entre pays-membres, Etats-Unis et France surtout, sur le rôle que l'Alliance atlantique pourrait jouer en Irak. Une belle unanimité affichée avait présidé au début de la rencontre, sur l'île de Sea Island, coupée du monde par un impressionnant dispositif sécuritaire qui aura réussi à décourager les altermondialistes, avec la satisfaction du vote sur une résolution irakienne négociée d'arrache-pied. Mais la France n'a cessé de rappeler que ce vote n'était qu'une étape dans un processus, Jacques Chirac finissant par exhorter à "ne pas tricher sur la souveraineté", estimant que la voie était "étroite" pour sortir du drame . Le désaccord demeurait également sur le montant de la réduction de la dette irakienne, la France ne jugeant "pas convenable" d'aller au-delà des 50% alors que la réduction des dettes des pays les plus pauvres piétine. Le Japon s'est dit prêt à en supprimer la "plus grande partie", Berlin se retranchant derrière le Club de Paris. Le président américain, en offensive diplomatique auprès de la communauté internationale pour obtenir plus de coopération sur l'Irak à moins d'un mois du transfert de souveraineté, a aussi lancé un ballon d'essai, avec l'idée, au départ floue, d'un rôle "accru" de l'OTAN. Une déclaration qui aura refroidi l'atmosphère, Paris faisant sèchement part de ses "réserves", avant que tous ne refassent machine arrière, George W. Bush reconnaissant qu'il était "irréaliste" de s'attendre à voir davantage de troupes de l'OTAN en Irak, secondé par Tony Blair, Jacques Chirac disant lui attendre des "propositions concrètes" pour se prononcer. * Moyen-Orient Après avoir adopté une version allégée et rebaptisée "Partenariat" du projet américain de Grand Moyen-Orient (GMO), qui rappelle que le préalable doit être la paix au Proche-Orient, le G8 a donc en parallèle appelé à la relance du processus, demandant au Quartette, parrain de la "Feuille de route", de se réunir avant la fin juin. Le président français a cependant noté que la région n'avait pas besoin de "missionnaires de la démocratie" et souligné que le projet du G8 était une "offre de partenariat", tout sauf un diktat. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a estimé que ce plan ne devait pas conduire à des "ingérences dans les affaires internes de ces pays". * Atmosphère de façade Les "Bushmobiles", voiturettes de golf améliorées aux couleurs des drapeaux des Huit, et les blagues de George W. Bush et Jacques Chirac sur les mérites comparés des cuisine française et américaine ont protégé une bonne atmosphère de façade. Même si la question des relations franco-américaines leur a été incessamment posée. "Cordiales", ont-ils répondu, sans cacher les différends. En fin de course, Jacques Chirac a dressé ses propres conclusions, notant que la déclaration finale, publiée sans concertation, était "de la seule responsabilité" de la présidence américaine. "On peut être amis sans pour autant être subordonnés", a déclaré le président français. Rappelant l'existence entre les deux pays de "points d'accord très forts sur l'essentiel" et une "expérience historique exceptionnelle", il a ajouté: "On peut ne pas être d'accord sur tout, on peut être en désaccord sans être agressif". Jacques Chirac a, par ailleurs, tenu a préciser que la déclaration finale du sommet, "les conclusions de la présidence", étaient "de la seule responsabilité de la présidence (...) et d'elle seule", soulignant qu'il n'y avait pas eu, contrairement à ce qui se passe habituellement pour ce genre d'exercice en fin des sommets du G8, de "concertation sur la rédactions de ces conclusions. Je n'ai pas d'observation particulière à faire sur ce point", a-t-il ajouté. Il a rappelé que le G8 n'était "pas un organisme directeur du monde", mais avait cependant "vocation à prendre des initiatives". Au final, Sea Island n'aura débouché que sur des avancées modestes: un accord sur la formation en cinq ans de 75.000 membres des forces de maintien de la paix, principalement pour l'Afrique, un texte pour coordonner les efforts en vue de trouver un vaccin contre le VIH-Sida, un projet de lutte contre la famine... Les Huit ont approuvé un plan en 28 points pour renforcer la sécurité dans les aéroports et décidé de poursuivre deux ans encore leurs efforts sur l'allégement de la dette des pays les plus pauvres. En attendant le prochain sommet du G8, en 2005, sous présidence britannique.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com