Jeunes et télévision : Le délire du zapping





On les voit souvent courir derrière le bus... Ils n’arrêtent pas de regarder l’heure... Ils ont l’air d’avoir les nerfs à vif... Ils ont peur de rater le rendez-vous... Une fois le seuil de la maison franchi, ils se dirigent immédiatement vers le salon, appuient sur le bouton, prennent place sur le canapé... Cette course contre la montre n’a pour but que d’être à l’heure du programme télévisé... Tunis - Le Quotidien Ce petit écran est le premier loisir de bon nombre de jeunes. Une fois la télé-commande entre les mains, ils ont l’impression d’avoir le monde entier à portée de main... Fana de foot, de sport, de séries, d’émissions ou de films, chacun trouve son compte. Mehdi Ben Fadhla, 18 ans, reste parfois des heures entières devant l’écran. Rien ne peut l’intéresser tellement il est absorbé par les images véhiculées: «Mon mode de vie est comme suit: suivre les cours, voir mes amis et rentrer pour retrouver ma bien-aimée qui est, bien sûr, ma télé», dit-il. Le jeune homme est passionné de foot, de films et de clips vidéos. Un peu de zapping et tous les objets de sa passion défilent devant lui: «J’adore les films d’actions et les matches de foot. Je peux rater des rendez-vous pour visionner un film ou un match important», ajoute-t-il. Pour Salah, 19 ans, élève en terminale, l’engouement pour la télévision lui crée des difficultés avec ses frères ou ses amis. «Parfois, l’on ne me comprend pas. On m’accuse de négligence parce que je ne raterai pour rien au monde une première vision d’un film d’action ou de suspense ou un match inédit . Je n’y peux rien, c’est ma passion numéro un. De plus la télé me permet d’écouter de la bonne musique, de voir des films, de visionner des matches, de m’informer et de me divertir», dit-il. Gare à la dépendance Une autre catégorie de jeunes apprécie aussi la télé. Mais pas au point de perturber leur quotidien. Hamdi, 17 ans, ne veut pas abuser de la télé, il a peur d’en devenir accro. «Certes j’aime les films, les séries et les clips, mais au-delà de trois heures de vision, c’est trop. L’amour de la télé risque d’aller jusqu’à la dépendance. Il faut en consommer modérément», dit-il. Pour d’autres, la télévision est avant tout un moyen de distraction. Le divertissement ne doit jamais aller jusqu’à l’obsession. Mustapha, 16 ans, aime zapper, mais c’est lui qui contrôle toujours la situation. «Parmi les premières choses que je fais, consulter le télétexte et zapper. Mais je ne me laisse jamais faire. La télé peut nous absorber et l’on oublie tout. A mon âge, je ne dois jamais oublier mes études et ma vie en restant cloué devant l’écran!», exprime-t-il. * La télé féminine Parfois, le petit écran se montre comme le meilleur allié d’autres fois, la télé devient une redoutable rivale pour les jeunes filles. Mouna, 19 ans, aime voir les films dramatiques et romantiques. Une fois le film terminé, elle passe à autre chose: «Je ne comprends pas l’engouement massif des garçons pour la télé quand il s’agit de foot. A la vue d’un match ils sont pris de frénésie. S’ils visionnent des clips, ils sont également envoûtés par les silhouettes féminines généreusement affichées. S’ils regardent des films, ils n’aiment voir que du sang et de la violence. Je trouve que la télé agit trop fortement sur eux. C’est différent pour les filles, elles savent télécommander mais ne sont pas téléguidées et c’est toute la différence!» confie-t-elle. Quant à Sahar, candidate au bac, 19 ans, elle ne se permet pas de voir la télé 24h/24. Consciente de ses engagements la jeune fille regarde la télé quelques heures le soir: «J’adore le cinéma, la télé me permet de voir les films romantiques et dramatiques. En dehors des visions des films, je fais autre chose. La télé est une drogue douce. J’en suis consciente et je «consomme» à petites doses», dit-elle. Contrairement à la musique, la télé est aussi bien un moyen de divertissement que d’abrutissement pour les jeunes... Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com