Youssou N’dour : Sous la bannière de l’Islam





Les chants sacrés islamiques, ce genre musical foncièrement enraciné dans les traditions musicales en Tunisie, au Maroc, en Algérie et dans de nombreux autres pays du Moyen-Orient, vient de faire une apparition fulgurante en Afrique de l’Ouest et, particulièrement, au Sénégal. C’est Youssou N’dour le phénomène sénégalais qui donne le ton. Jusque-là, réservés à certaines catégories de religieux comme les marabouts, les «talibés», les chants liturgiques et mystiques islamiques n’étaient pas très introduits dans la musique moderne en Afrique, et au Sénégal en particulier. Seule une troupe sénégalaise, en l’occurrence celle qui était dirigée par une femme, «Hadja N’dèye», s’était illustrée au début des années 90, en interprétant des panégyriques sur le prophète avant de s’éclipser quelques années plus tard. Mais cette initiative n’est pas restée entièrement lettre morte, puisque, Youssou N’dour, l’un des plus grands chanteurs sénégalais, vient de produire tout un album de chants mystiques islamiques. Composées essentiellement en langue arabe et en Wolof le dialecte le plus répandu au pays de la «Térengua», autre dénomination du Sénégal, les chansons de cet album portent, pour la plupart, sur des thèmes sacrés. «Youssou», comme l’appellent ses fans, y chante «la gloire de Dieu», «l’éloge du prophète» et de l’Islam et rend hommage aux compagnons du prophète, ainsi qu’aux Saints qui ont donné à l’Islam ses lettres de noblesse aussi bien au Sénégal que dans le monde islamique. * La religion de la tolérance Pourtant, l’idée d’un album consacré aux chants mystiques islamiques a germé chez le chanteur sénégalais, il y a seulement 9 mois, plus précisément durant le mois sacré de Ramadan. Dans une interview accordée récemment à la chaîne française Radio France International (RFI) et à la revue «Courrier International», le chanteur sénégalais a expliqué que l’idée de composer un album de chants sacrés lui était venue suite à un débat religieux qu’il avait organisé après la prière de «Trawih», pendant le Mois Saint. «Cet album vise à montrer, a-t-il dit, l’autre visage de l’Islam, celui de la tolérance, du dialogue et du respect de l’autre». En tournée actuellement aux USA pour trois semaines en vue de promouvoir cet album, Youssou entend donner de l’Islam l’image de la tolérance et du dialogue, malgré la montée des tensions internationales. Constituant une première sur l’échiquier musical de l’Afrique Noire, le nouvel album a une particularité: il concilie entre les styles arabe et africain. La «derbouka», le «luth» mais aussi le «djembé» et le violon sont entre autres les principaux instruments utilisés dans la composition de cet album. Ousmane wagué


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com