Fête de la Musique : Halfaouine sur les pas des acrobates





Initialement prévue le samedi 19 juin à 21 heures à la place Halfaouine, l’inauguration de la Fête de la musique aura lieu une heure plus tôt. Des mouvements d’animation des rues aux rythmes variés vibreront à travers tout le quartier, de quoi chauffer et mobiliser le public vers cette mythique place de Halfaouine, avant le vrai démarrage des choses sérieuses. C’est en substance l’une des principales prémices de cette nouvelle édition de la Fête de la musique, révélées au cours d’une conférence de presse donnée samedi dernier par M. Mohamed Driss et consacrée aux moments forts de cette manifestation... Devenue une tradition bien ancrée en France, la fête de la musique sera célébrée, cette année, en Tunisie sous un nouveau ton, celui des retrouvailles, de la revivification des traditions d’animation perdues, mais aussi, et surtout, sous le signe du dialogue entre différentes civilisations et cultures, entre artistes et jeunes des cités populaires, entre deux générations de jeunes et moins jeunes. C’est l’idée développée en premier lieu par Mohamed Driss, directeur du Théâtre National, lors de cette conférence de presse au cours de laquelle il a exposé aussi les grandes lignes du programme et les motivations à l’origine de la célébration de cette grandiose manifestation à la place Halfaouine de Tunis. «Le choix de cette place à une connotation double. Il s’inscrit dans cette volonté de démocratiser l’accès aux concerts pour les jeunes des quartiers populaires et d’autre part d’exploiter les places mythiques comme Halfaouine entre autres», a ajouté le directeur du Théâtre National. Outre cette initiative de rendre attrayantes les places mythiques, la tenue de la fête de la musique à Halfaouine s’inscrit aussi dans cette ambition de restituer à cette place son aura d’antan, à savoir celle d’un quartier où le théâtre avait ses racines, et qui était également le lieu par excellence de l’animation et où les grands artistes, acteurs et musiciens s’étaient forgé une notoriété et une popularité certaine. En effet, Halfaouine était aussi cet endroit des premiers cadres de l’intelligentsia tunisienne et le foyer des nationalistes et des contestataires sous la colonisation. «En y organisent la fête de la musique, c’est en quelque sorte revivifier son passé culturel, rendre son présent attrayant aux côtés d’autres initiatives des autorités publiques et opter dans l’avenir pour une dimension culturelle et civilisationnelle réelle, à savoir celle d’un quartier qui était également le lieu de rencontre de forains, d’acrobates, de jongleurs, de magiciens, de montreurs et de marionnettes siciliennes «tunisifiées». C’est en quelque sorte restituer aussi ces soirées jadis animées par ces groupes de Hadhras, de Stambali et d’Aissaouias marocains», rappelle avec un ton nostalgique M. Driss. * Amitié, partenariat et convivialité Ainsi, l’invitation à l’inauguration de cette manifestation de la troupe de «Gnawa Diffusion» qui est un groupe multiculturel français composé d’artistes d’origine africaine et maghrébine — dont le fils de Kateb Yacine le célèbre écrivain algérien — est doublement symbolique. Elle vise, selon Mohamed Driss, à créer cette symbiose des cultures qui dominait autrefois toutes les manifestations artistiques des cafés-concerts de Halfaouine autrement appelés «cafés Chanta» où se produisait une pléthore d’artistes de tout genre, séreux et cocasses. Cependant, la participation à la fête de la musique «version Tunisie» de la troupe Gnawa Diffusion ainsi que la programmation d’une soirée «Electro» au cours de laquelle de célèbres artistes français comme Jennifer surnommé Pink Power, le Groupe «Symbioze» de Lyon seront entre autres des invités de marque, viennent sur un autre plan confirmer l’excellence des échanges culturels entre les différentes instances culturelles tunisiennes et françaises. Raison pour laquelle cette édition de la fête de la musique est, comme de coutume, placée sous l’égide du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs et l’Institut Français de la Coopération, en partenariat avec le Théâtre national tunisien. «Il existe donc un vrai engagement de la part de toutes ces institutions, lesquelles visent à faire de la Fête de la musique une véritable manifestation culturelle dont les premiers bénéficiaires seront les jeunes des cités populaires. Les artistes invités iront donc à la rencontre des jeunes de ces cités. Les premières notes de la manifestation feront sortir les habitants de ces quartiers de chez eux. Mais l’autre côté de cette fête est ce modèle de partenariat créé autour d’un projet de rencontre et de dialogue entre le public de ce quartier et les artistes», commente Denis le Beau, attaché culturel de l’ambassade France en Tunisie. Et d’ajouter : «Cette fête permettra de démocratiser les concerts et les rendre accessibles à tous les jeunes. Et la manifestation sera, en quelque sorte, une forme de fusion, de métissage, de dialogue entre les mélomanes d’un public extrêmement varié et composé de toutes les générations et les chanteurs, ce qui est une clé, à priori, pour la réussite de cette manifestation», se réjouit le responsable culturel français. Le programme de cette édition s’annonce d’ores et déjà alléchant. Rendez-vous donc le 19 pour une vraie détente à bras le corps sur la place mythique de Halfaouine. Lire le programme en détail dans l’article intitulé : «Faîtes de la Musique». Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com