L’Irak se déclare prêt à détenir Saddam Husseïn : Washington maintient le flou





Le nouveau gouvernement irakien a indiqué hier qu’il disposerait bientôt de centres de détention pour accueillir Saddam Husseïn aujourd'hui aux mains des Américains qui, eux, maintiennent encore le flou. Le Quotidien-Agences Le Premier ministre irakien, Allaoui, a affirmé hier à la chaîne CNN que "le transfert de Saddam Husseïn et des autres (anciens responsables détenus) se fera ces deux prochaines semaines et leur procès s'ouvrira le plus tôt possible". Pour sa part, le président Ghazi Al-Yaouar a indiqué hier aux journalistes avoir discuté avec son homologue américain de cette affaire. " Bush m'a demandé quand serons-nous capables de prendre en charge l'ex-président Saddam Husseïn. Les Etats-Unis veulent absolument le transférer aux autorités irakiennes", a-t-il dit. "Nous devons d'abord être sûrs que nous pouvons protéger sa vie jusqu'au procès et que le procès se déroule de manière équitable, qu'il ait une chance honnête de se défendre et que le gouvernement puisse exprimer les charges pesant contre lui", a-t-il dit. Pourtant à Washington, le porte-parole de la Maison Blanche a indiqué, hier, que les Etats-Unis remettront l’ancien Président aux Autorités de son pays « au moment opportun». IL n’a pas précisé si Saddam serait remis avant ou après le transfert de souveraineté. * Tout sera prêt "Tout sera prêt très bientôt", a déclaré Salem Chalabi, directeur général du du Tribunal spécial irakien (TSI), qui était interrogé sur la capacité des autorités intérimaires de détenir les 42 personnes les plus recherchées capturées par les Américains depuis la chute du régime en avril 2003. Il a indiqué que des mandats d'arrêt devaient être lancés par le TSI avant le transfert du président déchu aux autorités irakiennes. "La coalition nous livrera Saddam Husseïn à condition que nous lui fournissions les mandats d'arrêt basés sur des charges suffisantes", a-t-il dit. Cependant, la formation du tribunal, créé par l'administrateur américain Paul Bremer en décembre 2003, a pris du retard. Les 20 juges d'instruction et les enquêteurs de cette cour n'ont pas encore été nommés, a expliqué récemment Chalabi. Or, ce sont ces magistrats qui doivent délivrer des mandats d'arrêt, selon les statuts du TSI. Il leur faudra donc mettre les bouchées doubles pour réussir à inculper d'ici deux semaines les 42 dignitaires. Interrogée, la porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bagdad, Nada Doumani, a indiqué hier que son organisation insistait pour que "les procédures légales soient respectées concernant tous les détenus aux mains de la coalition". Parmi les dignitaires derrière les barreaux figurent le vice-Premier ministre Tarek Aziz, le vice-président Taha Yassine Ramadan, Abed Hamid Mahmoud Al-Tikriti, secrétaire personnel de Saddam Husseïn, et le cousin de l'ex-président Ali Hassan Al-Majid. En revanche, le numéro deux de l'ancien régime Ezzat Ibrahim court toujours. Le mystère est total sur le lieu de détention de Saddam Husseïn que le CICR a visité à deux reprises depuis son arrestation en décembre 2003. Mais selon des organisations humanitaires, les autres responsables se trouvent au Camp Cropper, à l'aéroport de Bagdad, que la coalition veut démanteler d'ici le 30 juin. ______________ * La défense refuse Le chef du collectif de défense de Saddam Husseïn, l’avocat jordanien Mohammad Al-Rachdane, a affirmé, hier, que le nouveau gouvernement irakien était “illégal” et ne puvait donc juger le président déchu. Me Rachdane a affirmé qu’il “est hors de question que les prisonniers soient remis aux Irakiens”. Il a fait état d’une réunion “orageuse”, il y a deux jours, sur la question avec un responsable du comité international de la croix-rouge (CICR) Philippe Beauverd, à Amman. “Nous avons demandé à la croix-rouge de faire son devoir et d’obtenir la libération du président Saddam Husseïn conformément aux conventions de Genève”, a-t-il dit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com