Remise de Saddam aux Irakiens : Washington prise au piège





Le Quotidien - Agences La remise de Saddam Hussein aux autorités irakiennes constitue une affaire délicate pour les Etats-Unis qui veulent respecter leur promesse de faire juger l’ancien président par ses compatriotes, tout en s’assurant qu’il restera bien sous les verrous. Les Etats-Unis font face à des arbitrages difficiles sur le plan politique et sécuritaire, et commencent à fournir leurs armes sur le terrain légal face à un possible imbroglio juridique. Si Washington rechigne trop longtemps à transférer Saddam Hussein, le nouveau pouvoir irakien, censé assumer une pleine souveraineté, verra sa crédibilité déjà précaire encore amoindrie. Un long délai, justifié par des conditions de sécurité insuffisantes, ne manquerait pas non plus d’alimenter les nombreuses critiques sur le chaos persistant dans le pays et la mauvaise préparation de la transition. A l’inverse, une remise trop rapide de l’ancien président à un pouvoir irakien encore fragile risque d’aggraver les tensions dans un pays où les partisans du président déchu sont suspectés d’être derrière une grande partie des violences. Bush, qui a placé le pistolet de Saddam Hussein comme un trophée de chasse personnel à la Maison-Blanche, a même évoqué implicitement le scénario -catastrophe d’une évasion ou d’une libération du tyran. En se séparant rapidement de Saddam Hussein, les Américains risquent également d’avoir à interrompre plus vite que souhaité leurs interrogatoires de ce «prisonnier de haute valeur», selon leur expression. Alors que Washington fait chou blanc dans sa recherche des armes de destruction massive de l’ancien régime, les informations de l’ancien président, détenu depuis décembre dans un endroit gardé secret, peuvent se révéler inestimables. «Il peut y avoir beaucoup de raisons pour conserver Saddam Hussein sous la garde des Américains», qu’il s’agisse de sécurité ou de renseignements, estime Daniel Serwer, spécialiste de l’Irak au U.S. Institute of Peace (USIP), un centre d’études internationales de Washington. Mais selon lui, «l’engagement de le restituer aux Irakiens est plus clair que par le passé, dès lors que les Américains seront sûrs que les questions pratiques seront résolues». Le gouvernement irakien a estimé hier que le président déchu lui serait remis par les Américains avant le transfert de pouvoirs le 30 juin malgré le flou maintenu sur la question par l’Administration américaine. «Je pense que les Américains ont voulu s’assurer, par leurs déclarations, que toutes les dispositions seraient prises pour le transfert», a-t-il déclaré.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com