Moqtada Sadr resserre son emprise sur le mausolée d’Ali : Une guerre dans la guerre





Le chef chiite Moqtada Sadr a resserré son emprise sur la ville sainte de Najaf, où il conteste ouvertement le droit d'un Mouvement rival de prononcer le prêche du vendredi, malgré le retrait ostensible de ses combattants venus du reste de l'Irak. Le Quotidien-Agences La prière a été annulée pour la deuxième fois consécutive dans le mausolée de l'imam Ali à Najaf, à 160 km au sud de Bagdad, théâtre depuis trois semaines de heurts entre les partisans de Moqtada Sadr et l'imam de la prière, Sadreddine Al-Koubbanji. "Il n'y aura pas de prière ce vendredi au mausolée de l'imam Ali", a déclaré l'un des porte-parole du chef chiite, Ahmad Al-Chaïbani, à l'entrée du lieu saint, contrôlé officiellement depuis plus d'un mois par les lieutenants de Moqtada Sadr. "Le prêche du vendredi a commencé à devenir politique", a-t-il déploré pour justifier cette annulation motivée, selon lui, par un avis d'oulémas, dont il a refusé de révéler les noms. "Si l'imam de la prière du vendredi nous apporte une autorisation, même orale, de la Marjaïya (l'autorité religieuse collective chiite), la prière du vendredi se tiendra normalement", a-t-il assuré. Jusqu'à présent, les partisans de Moqtada Sadr avaient perturbé le sermon du responsable du CSRII, qui participe aux institutions provisoires établies par la coalition, sans officiellement remettre en cause son droit à conduire la prière. Le 21 mai, le responsable du CSRII, qui avait appelé de cette tribune les membres de "l'Armée du Mehdi", la milice de Moqtada Sadr, à rentrer chez eux, renonçait à prononcer le prêche, alors que les combats avec l'armée américaine faisaient rage dans la ville. Il y a une semaine, la prière du vendredi avait été annulée dans le mausolée pour la première fois depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003, à la suite de jets de chaussures et de pierres des partisans de Moqtada Sadr sur la tribune d'où devait s'exprimer l'imam. Son frère, Mohammad Baqr Al-Koubbanji, et un de ses proches avaient été légèrement blessés. Vendredi, comme la semaine précédente, les responsables du CSRII se refusaient à tout commentaire sur ces heurts. La veille, quelque 150 membres de "l'Armée du Mehdi", scandant le nom de Moqtada Sadr et faisant le "V" de la victoire, étaient partis du mausolée d'Ali à bord de deux autocars et quatre camionnettes. Mercredi, le jeune chef radical avait appelé dans un communiqué ses combattants non originaires de Najaf à rentrer chez eux. Mais des dizaines d'entre eux restaient encore hier dans des bâtiments à l'abandon aux abords du mausolée ou dans l'immense nécropole de la ville, sans qu'il soit possible de vérifier s'ils étaient originaires des environs. Les milices de Sadr continuaient, en même temps, à ttaquer au mortier le siège de la coalition menée par les Etats-Unis, dans la ville chiite d’Anara.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com