Jeunes et vacances d’été : La fin trahie par les moyens





Certes la canicule tarde à s’imposer et le temps frais continue à jouer aux prolongations. Mais ce mauvais temps n’empêche en aucun cas les jeunes à programmer leurs vacances estivales. Pour d’autres, on a vraiment du mal à pouvoir se divertir... Témoignages. Tunis - Le Quotidien Ce qui démarque les vacances d’été des autres vacances, c’est la possibilité d’aller se baigner et se bronzer sous les rayons solaires. Or certains jeunes ont du mal à se divertir. Sobhi, 21 ans, bachelier, ne peut pas profiter des vacances à tous les coups : «J’ai arrêté mes études... Pendant l’été j’essaie de trouver un job pour pouvoir me divertir un peu. Généralement les loisirs coûtent cher, il m’est impossible de demander à mes parents de payer les frais de mes vacances. Je dois donc bosser pour pouvoir aller à la plage, louer une maison avec mes amis en bord de mer et, si possible, aller danser en boîte de nuit». D’autres conçoivent les vacances d’été comme une période de convalescence. Après neuf mois d’études, ils sentent un grand besoin de divertissement. Hakim, 18 ans, ne peut pas se divertir s’il ne pratique pas ses «hobbies». «Je suis un plan de sport, de lecture et de toute activité pouvant répondre à mes aspirations. Certes, j’arrive à me divertir pendant l’été mais j’ai l’impression qu’il m’est impossible de faire tout à la fois. Pour satisfaire mes besoins en matière de loisirs, il faut que je me déplace. Je vais à la plage, je visite mes tantes qui vivent à Djerba, je joue au tennis...», dit-il. Toutefois, Hakim a du mal à assouvir sa soif intellectuelle : «Nous avons beaucoup d’hôtels en Tunisie et je trouve que c’est extraordinaire mais en contrepartie nous manquons d’espaces dédiés aux jeunes. Des espaces où l’on peut à la fois se divertir, apprendre, communiquer, faire du sport... Et si cela s’avère possible, le coût est trop cher pour des jeunes qui sont grosso-modo des élèves et des étudiants sans revenus», conclut-il. Mohamed Houssem Jeridi, 17 ans, élève, trouve que les endroits de divertissement sont généreusement répartis en Tunisie, encore faut-il avoir les moyens... «Nous avons beaucoup d’hôtels, des parcs de loisirs, des maisons de jeunes... Le problème, c’est que les hôtels sont hors de portée parce que l’accès coûte cher. Quand aux maisons de jeunes, elles manquent de matériels. Il y a beaucoup de clubs intéressants tel que le club de l’informatique mais il n’y a pas assez de postes...», confie-t-il. Pour une autre catégorie de jeunes, il suffit d’un petit budget pour pouvoir se divertir... Jawher Maâlawi, 20 ans, étudiant, renvoit directement le mot loisirs à Hammamet : «Je trouve que la région de Hammamet est le seul endroit qui puisse me satisfaire. Il y a tout : hôtels, plages, piscines, terrains de sports, boîtes de nuit, restaurants et cafés... Nous avons une maison dans la région. J’y passe pratiquement tout l’été et mon programme est tracé. Je veille la nuit en dansant dans une boîte, je me réveille tard pour me baigner et jouer au volley ou au beach-ball», dit-il. Jawher se donne à fond dans ses études. Pour lui, les vacances doivent ressembler à une période de trêve où il rompt quasi totalement avec tout ce qui a trait aux études et au rythme monotone et routinier du quotidien : «Les loisirs sont importants, je dois profiter de la période estivale pour reprendre mon souffle et avoir un certain élan qui me permettra de démarrer la rentrée en étant en forme», ajoute-t-il. Pour les filles, les choses ne semblent pas être aussi faciles. Imène, 20 ans, a du mal à se distraire : «Quand l’été sonne aux portes», je me sens effrayée. Pour pouvoir nous divertir, ils nous faut beaucoup d’argent. Nous sommes des élèves et des étudiants, il nous est impossible de garantir tous ces frais. Les lieux bon marché sont malheureusement trop encombrés ou mal fréquentés. C’est un réel problème... Parfois, j’erre toute la journée en cherchant où aller sans trouver d’issue. Je retourne chez moi tout épuisée. J’aimerais que l’on multiplie les espaces de divertissement pour les jeunes à un prix spécial étudiant pour que l’on puisse se divertir», dit-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com