Stylisme et Modélisme : Des ambitions cousues de fil blanc !





Les doigts d’or qui dessinent, font des croquis et façonnent les tissus, ne semblent pas être chanceux en Tunisie. La création de mode est encore une ambition qui risque très souvent d’être cousue de fil blanc. Tunis-Le Quotidien Ici, tout est placé sous le signe de la tendance et du «in». Mais, aujourd’hui, c’est plus que d'habitude. Tout est en couleurs. Plissé, tulle, mousseline et plusieurs autres tissus témoignent des doigts d’or qui les ont façonnés. C’est le jour du jury des élèves d’une grande école de stylisme et modélisme. Mais cette année il a été décidé que les futurs noms de la fashion installent des stands et c’est aux membres du jury de se promener d’un univers à l’autre. Cependant, malgré ces créations qui portent la griffe du rêve et de la passion, les élèves restent sceptiques quant aux lendemains de ces années de délire. En effet, quelles perspectives pour ceux qui ont choisi les croquis et les ciseaux? Mohamed Amine Bendriouich est un jeune Marocain qui a vingt-et-un ans. Dans un concours de circonstances, il s’est retrouvé dans nos murs pour entreprendre les études qu’il a lui-même choisies. Pour son avenir, il sait qu’il le fera ailleurs, ni en Tunisie, ni dans son pays natal. «Je ferais des études en Marketing à l’étranger afin de pouvoir ensuite entamer une carrière de directeur artistique», projette Mohamed Amine. Ce jeune homme se voit déjà créer et détecter les tendances à la Tour Ford qui a fait le beau temps aussi bien de Gucci que d’Yves Saint-Laurent. Toutefois Ghazi Abbassi est très conscient des limites de ce secteur en Tunisie. Il a vingt-deux ans et il est rentré de Madrid, il y a seulement deux ans. Il a choisi de faire ces études étant plutôt porté sur le modélisme et la création. Néanmoins, le secteur de la mode selon Ghazi «est presque inexistant et c’est celui de la couture qui prend le dessus». Sur fond de musique de l’éternel Nusrat Fath Ali Khan dont la voix traverse majestueusememt la salle au milieu des discussions des uns et des autres, Ghazi continue à regretter les perspectives limitées de ce secteur en Tunisie. A l’instar de ses autres camarades, Ali Karoui partira à l’étranger. «Le stylisme en Tunisie est le grand point d’interrogation. Et il est clair que les élèves ici veulent faire leurs propres créations». Mais comme le marché a ses propres lois, «au moins on délire maintenant et on se permet de réaliser des choses extravagantes». Rafik Ben Ali est également conscient que les horizons pour les modélistes ne sont pas aussi bornés que pour les stylistes. Ceux-ci ne sont pas chanceux en Tunisie. «Quoiqu’il y ait désormais des sortes de plateformes pour les gens de stylisme». N’empêche que le marché du travail n’est pas rose pour ces créateurs. Surtout que la création de mode elle-même reste encore un luxe, dirait-on, ou un milieu assez réservé. Ce qui fait que l’avenir de ces élèves semble, à leur avis, être plutôt à l’étranger. Sinon ils doivent composer avec ce qui existe en attendant des jours meilleurs… M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com