Jeunes et célibat : Un choix délibéré ou imposé?





D’après des statistiques récentes et suite à des enquêtes menées par le Credif et l’ONFP, la prolongation du célibat est devenue monnaie courante de nos jours. Certains accusent les filles, d’autres les garçons. Entre-temps, les jeunes mettent à l’index les conditions notamment matérielles… Témoignages. Généralement, chaque jeune fille rêve du jour où elle sera tout de blanc vêtue, avec un bouquet de fleurs à la main et une alliance à son annulaire… ce jour où elle sera comme une princesse… Mais entre le rêve et la réalité, il y a un fossé qui s’élargit de plus en plus de nos jours… Abir Debbich, 25 ans, maîtrisarde, ne peut pas concevoir sa vie en dehors du mariage. «La nature humaine veut que chaque fille aime se marier. Instinctivement, nous éprouvons toutes le besoin de fonder un foyer et d’avoir des enfants». Cela dit, Abir ne compte pas passer pour bientôt devant le maire. Même si la jeune fille reporte la date du mariage, cela ne reflète pas son manque d’engagement pour l’union sacrée, mais traduit plutôt un certain pragmatisme «si beaucoup de filles, y compris moi, reportent la date du mariage, c’est parce que nous n’avons pas trouvé l’homme qu’il faut d’une part et parce que l’on préfère achever nos études avant de nous faire passer la bague au doigt» d’autre part, confie-t-elle. Contrairement à ce qu’on croit, la gent féminine est dotée d’un sens de réalisme assez aigu. Sachant, que les besoins de la vie quotidienne et les frais d’un foyer ne sont plus donnés, les filles préfèrent garantir un fonds propre à elles avant de s’engager pour le meilleur et pour le pire. Rim, 22 ans, étudiante, a peur d’être totalement dépendante -financièrement s’entend- de son futur mari. Ainsi, Rim a délibérément choisi de rester célibataire jusqu’au jour où elle sera vraiment prête. «Je n’ai pas du tout peur de la responsabilité, je veux avoir des enfants, un mari, une vie de couple et une famille. Mais, je suis raisonnable et pragmatique. De nos jours, il est très difficile que l’homme assure seul les frais de toute une famille. Cela dit, les filles d’aujourd’hui sont cultivées et instruites et elles ne peuvent pas mener le même mode de vie que menaient les filles d’autrefois. Pour ce faire, nous devons compter sur nous-mêmes» dit-elle. Rim ne s’engagera que le jour où elle aura un revenu fixe. Pour atteindre son but, la jeune fille sait qu’elle n’aura droit au mariage qu’après une bonne dizaine d’années… «Pour pouvoir décrocher un job, il me faut des années d’études et peut-être tant d’autres à chercher un emploi. Je tiens à me marier avec quelqu’un que j’aimerai et qui serait proche de mon âge. Un jeune homme ne pourra pas assumer seul la responsabilité d’un foyer. Je me marierai donc après dix ans environ… Je n’y peux rien, mais c’est la réalité», confie-t-elle avec amertume. * Ces filles font peur aux garçons Chez la gent masculine, l’âge du mariage est d’environ 33 ans. Si ces jeunes hommes remettent la décision d’entrer dans la «cage dorée», c’est aussi pour des raisons pragmatiques. Béchir Ahmed, 22 ans, gérant d’une salle de sport, compte se marier vers la trentaine. «Cette décision de prolonger le célibat, est à mon sens, le résultat immédiat des conditions difficiles. L’homme doit prendre en charge son foyer. Pour ce faire, il doit penser à bien remplir son portefeuilles. Personnellement, je veux me marier aujourd’hui-même si cela m’était possible. Mais, faute de moyens, je dois attendre pour ne pas me retrouver surendetté quelques jours après le mariage», dit-il. Certains rêvent de se marier, mais faute de mieux, ils attendent… Hsouna Chaâri, 27 ans, nouveau maîtrisard, pense aujourd’hui plus que tout autre moment au mariage. «J’aimerais pouvoir me marier à 30 ans. Pour un homme, c’est l’âge idéal. Le problème c’est l’argent. A 27 ans, j’ai fini mes études et je me mettrai à chercher un travail. Objectivement, trois ans, ne suffisent jamais à économiser les frais d’un mariage. Cela pose vraiment problème. Je ne pense pas qu’un jeune et peu importe son sexe, ne veuille pas se marier…». Décidément, le mariage n’est plus un but, ni une finalité. Il devient un rêve difficile à atteindre pour les jeunes. Ihsen, 32 ans, professeur, se mettra la «corde au cou» cet été. Le jeune homme vient tout juste d’avoir les moyens pour se marier. «J’ai achevé mes études il y a plus de quatre ans. Je suis resté un bon moment sans travail. Aujourd’hui, j’arrive enfin au jour «J». A mon avis, si on se marie plus ou moins tard, ce n’est pas à cause de l’argent. Nous pouvons nous marier avec les moyens de bord. Si j’avais travaillé plus tôt, je me serais marié plus tôt. Ce qui manque aux jeunes, c’est le savoir-faire et surtout la frugalité». Ihsen croit à la citation: «Si on n’a pas ce qu’on aime, il faut aimer ce qu’on a». Toutefois, le jeune professeur condamne aussi certains comportements chez les filles. Pour lui, certaines conditions féminines font fuir les hommes… «Bon nombre de mes amis ont peur du mariage, dans la mesure où ils ont peur des filles… Il est difficile, à présent, de tomber sur le partenaire qui saura respecter les liens sacrés du mariage», conclut-il. Abir Chemli Oueslati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com