Tabarka Raï Festival : Cheïkha Rimiti enflamme la Basilique





Cheïkha Rimiti a excellé! La première soirée du festival de la musique raï à Tabarka qu’elle a animée a tenu ses promesses, ravi et enchanté un public bigarré qui s’est littéralement défoulé. C’est sous le signe du dialogue des générations que s’inscrit la soirée d’avant-hier à la Basilique de Tabarka. Cheïkha Rimiti et l’Orchestre National de Barbès (ONB), deux générations différentes, deux approches aussi différentes et deux mondes que seule la musique a pu unir. D’ailleurs, pour permettre aux amoureux du football de suivre cette soirée musicale haute en couleur, les organisateurs ont opté pour un petit retard du concert d’ouverture, celui de Cheïkha Rimiti. Quelques minutes avant que l’arbitre ne siffle la fin du match opposant la Portugal à l’Angleterre, la Basilique grouillait déjà de monde. Les regards fixés sur la scène, les amoureux du raï attendaient avec impatience l’arrivée de la Cheïkha. Avec sa «jellaba» brodée de fil d’or et toutes les composantes de son habit traditionnel: mules, bracelets, couronne sur la tête… La Cheïkha a attiré l’attention du grand public venu à sa découverte. Les mains teintées de henné, des lunettes noires sur les yeux, la Cheïkha, âgée de 81 ans, semble être en bonne forme et prête à étancher la soif de ses fans. * La diva incontournable «Ya rayi, O mon raï» a été le mot-clef de la soirée que Cheïkha Rimiti a préféré mettre sous les auspices de deux saints: Sidi Mehrez et Sidi Mansour. Vedette du raï, Cheïkha Rimiti avec ses airs bédouins a plongé le public dans un voyage délicieux dans le temps, grâce à sa voix si forte et émouvante. L’Algérie des années cinquante, la souffrance des peuples lors de la 2ème Guerre mondiale, la situation des ouvriers… et la passion sont les thèmes fondamentaux que la Cheïkha a choisi d'aborder. La chanson «Nouar» témoigne de la place qu’occupe l’amour en tant que thème dans les tubes de cette chanteuse. «En compagnie de mon bien-aimé J’irai jusqu’aux cimes de la montagne Cueillir roses et fleurs Roses et fleurs au goût de miel à offrir pour celui que j’aime» a chanté Cheïkha Rimiti. «Hak-Hak» (Tiens-tiens), «Nouar» (Fleur), «Sidi Mansour» et d’autres chansons ont obligé un bon nombre de spectateurs à quitter leurs chaises pour se laisser aller aux rythmes vibrants de Cheïkha Rimiti qui ne s’est pas contentée de chanter. C’est avec grâce et souplesse que l’artiste a dansé. Il y a de quoi! les rythmes forts de la «darbouka», du «bendir» et surtout de la «gasba» ne laissent personne indifférent. Accompagnée d’un «gassab» (joueur de flûte), la Cheïkha s’est éclatée sur scène avec toute son équipe. Les jeunes surtout n’ont pas raté cette occasion et s’en sont donné à cœur joie dans des danses échevelées. Le public bien chauffé, la Cheïkha l’a laissé à l’ONB pour que la jouissance soit complète. * ONB, dites-vous? Ud, darbouka, guitare, claviers… tous les instruments se croisent avec l’Orchestre National de Barbès, cette troupe musicale qui sème la joie là où elle passe. Composé de plusieurs musiciens maghrébins de divers horizons, ce groupe qui «vise à défendre la musique maghrébine dans sa diversité et dans sa richesse» comme nous l’a déclaré Aziz, l’un des artistes du groupe, a su trouver une place sous le soleil. En témoigne son succès avant-hier sur la scène de la Basilique. Applaudie fortement par le public qui la connaît déjà, l’ONB en est à son 3ème concert en Tunisie et n’a pas déçu ce grand public. Des touches de jazz, salsa, raï, chaâbi, rock et pop ont marqué les tubes présentés par cette brochette d’artistes qui a convaincu le public en l’incitant à danser jusqu’à une heure tardive de la nuit (c’était pratiquement une heure du matin). «Bab Al-Hadid» a mis le feu sur la scène et sur les gradins: chanteurs et public se sont donnés corps et âme à ces sonorités qui jaillissent du fond du patrimoine musical de plusieurs pays du Maghreb. Trois chansons du nouvel album de l’ONB, encore en chantier, ont été présentées au grand bonheur de ce public hors pair. «Notre bande ressemble beaucoup à une petite famille, seule la musique nous unit. Nous essayons toujours d’évoluer: nous vivons avec notre temps, on ne se nourrit pas d’amour et d’eau fraîche, c’est notre gagne-pain et c’est pour ça qu’il faut toujours travailler et se renouveler» a souligné Taoufik, l’un d’entre eux, qui a assisté à une rencontre organisée après ce concert. Rendez-vous demain avec d’autres histoires, d’autres indiscrétions sur le Cheb Haouari Dauphin. Imen Abderrahmani


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com