Soudan : La communauté internationale au chevet du Darfour





La communauté internationale se relaie au chevet du Darfour en proie à la guerre civile et à une crise humanitaire, tandis que le gouvernement accuse l'étranger de vouloir faire de cette région de l'ouest du Soudan un prétexte pour intervenir dans ses affaires internes. Le Quotidien-Agences Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell est attendu au Darfour le 29 juin, avec dans ses bagages une aide humanitaire d'urgence de 95 millions de dollars votée avant-hier par le Sénat. Powell sera suivi par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, attendu le 30 juin à Khartoum. Les deux hommes auront été précédés sur le terrain par la secrétaire d'Etat italienne aux Affaires étrangères Margherita Boniver, son homologue français Renaud Muselier, la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, ainsi que la directrice générale de l'Unicef Carol Bellamy. Le ballet diplomatique s'est accéléré à l'approche de la saison des pluies qui rendront les pistes impraticables. Le président soudanais Omar al-Béchir a accusé l'"étranger" de vouloir faire du Darfour un "portail de substitution pour ses interventions au Soudan", après le rétablissement de la paix entre le Sud et le Nord du pays. Le gouvernement soudanais et la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) entameront demain au Kenya la dernière phase de pourparlers commencés il y a deux ans visant à mettre un terme à leur conflit armé ouvert en 1983. "L'accord de paix global" prévoit un partage du pouvoir et des richesses et le droit du sud à l'autodétermination après une période transitoire de six ans. En tenant compte des famines et des maladies, le conflit dans le sud du Soudan a causé la mort d'au moins 1,5 million de personnes et le déplacement de quatre millions d'autres. "Les milieux étrangers, conscients qu'une nouvelle étape vient de commencer concernant le traitement du problème du Sud dans un cadre sain, tentent de trouver un portail de substitution au Darfour (pour leurs interventions au Soudan)", a déclaré le chef de l'Etat soudanais dans un entretien au quotidien égyptien Al-Gomhouria. Il a réfuté les déclarations des organisations humanitaires selon lesquelles le gouvernement soudanais entravait l'acheminement des secours au Darfour. Selon des ONG, l'armée régulière enrôle des milices arabes, les Djandjawids, nomades, pour pourchasser les tribus d'origine africaines, cultivateurs sédentaires, et les obliger à fuir leurs terres. Plus d'un million de personnes ont été ainsi contraintes de quitter leurs villages et 120 à 150.000 ont trouvé refuge au Tchad voisin, selon des ONG.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com