Le new-look des festivals : Des shows à fond la caisse ?





Entre culture et show, les jeunes balancent dans le choix des soirées de festivals. Mais souvent avec une préférence par le deuxième terme du choix. Au grand bonheur des directeurs de festivals qui entendent bien rentabiliser leurs investissements. Tunis - Le Quotidien Comme chaque année, les festivals d’été s’apprêtent à accueillir leur vaste public. Mais depuis quelques années notamment au niveau du festival de Carthage, un changement de ton s’est opéré au détriment de la dimension purement culturelle. Aussi bien les critiques que les nombreux habitués de l’amphithéâtre de Carthage ou des autres espaces, sont unanimes sur ce constat. Quant aux jeunes spectateurs, que préfèrent-ils? Est-ce qu’ils privilégient la qualité et la dimension culturelle ou bien cherchent-ils tout simplement à faire bouger leurs bassins? Makrem Ben Mohamed n’a pas de soucis sur ce plan. Il est un client de Carthage. «Je vais avec mes cousins pour monter la garde autour des filles de la famille», avoue-t-il. C’est a priori la raison essentielle pour laquelle Makrem fait le déplacement de la Cité Ezzayatine jusqu’à Carthage. Mais ce jeune fonctionnaire de l’Etat tout de même un penchant pour les spectacles de qualité «Je fais de mon mieux pour y assister quand l’occasion se présente». La qualité, est justement la tasse de thé de Kamel Dhaya. N’étant pas spécialement porté sur les festivals, cet étudiant en deuxième année DEA en expertise préfère consacrer son temps à la recherche. «Mais s’il m’arrive de me déplacer pour un festival, je choisis le spectacle à la loupe, en focalisant sur la qualité. Malheureusement, il n’y a plus de gros calibres qui montrent sur nos scènes». Ce constat amer semble affecter Kamel qui estime que les spectacles donnent lieu à toutes les formes du défoulement dans un objectif purement commercial. En revanche, et s’inscrivant en contrepoint de ceux qui luttent pour la qualité culturelle et qui résistent encore au courant de cette «insoutenable légèreté», d’autres ne cherchent qu’à s’amuser. Avec tous ces noms qui émergent jour après jour comme des champignons, l’essentiel c’est de faire la fête et de passer des moments agréables. «En toute franchise, je préfère le show. Après tout, l’été est la saison de l’ambiance», explique Kaïs Lassoued, maîtrisard en gestion. Cet originaire de Chebba est à l’affût des grands spectacles du festival de Sfax et n’hésite pas à s’y rendre. Peu importe la qualité, ce qui compte c’est d’écouter des tubes et danser jusqu’à épuisement. «It’s the same», affirme Essaâfi voulant dire que c’est ce scénario est valable aussi pour lui. Etudiant en 2ème année DEA en modelisation, Sami est également originaire de la région de Chebba et ami de Kaïs par la même occasion, choisit aussi l’ambiance. «Par définition, l’été rime avec l’animation. Donc je m’organise avec une clique d’amis pour aller ensemble». Ce parti pris pour «la légèreté», n’empêche pas Sami de garder un faible pour la dimension culturelle devenue si rare. «J’irai volontiers apprécier un spectacle de qualité», confie le jeune étudiant. Décidément, ce sont les choix des organisateurs, soucieux de rentabiliser leurs investissements qui ont provoqué cette ruée vers les produits commerciaux. Et le public a été donc conditionné à une tendance bien déterminée tout en gardant une nostalgie pour les spectacles de qualité qui ont marqué longuement l’histoire de nos festivals. Dilemme partagé par les jeunes spectateurs qui se retrouvent entraînés à leurs corps défendant, sur la pente générale. M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com