Démarrage de la séance unique : L’heure est au goutte à goutte…





Tunis - Le Quotidien Le démarrage, hier, de la séance unique, n’a pas fait que des contents. Contrairement aux fonctionnaires qui en raffolent, nos concitoyens ont du mal à supporter le sacro-saint “revenez demain” par ces temps de canicule. Reportage... La séance unique renverse encore et toujours la vapeur au sein de l’administration. La majorité des fonctionnaires peinent à remettre les pendules à l’heure puisque les retardataires étaient légion hier. C’est bel et bien l’arrivée difficile et le départ en trombe. Vers le coup de midi les bureaux de la succursale d'une banque de la place sont désertés. “Rien de plus normal. Le rendement des employés baisse graduellement au fur et à mesure que l’heure de sortie approche. Tout le monde ne songe dès lors qu’à un repas copieux ou à une longue sieste”, souligne M. Kheireddine Boussarsar, fonctionnaire quinquagénaire qui s’est habitué au changement du rythme dû à la séance unique. Mme Rim Rafrafi, employée dans une mairie, pense que “la précipitation et la mauvaise humeur des citoyens corsent davantage la situation et conduisent souvent à des prises de bec avec les fonctionnaires”. Trempé par la sueur et cloué à son bureau, M. Nizar, cadre dans une entreprise publique, affirme que la séance unique est une véritable “aubaine” dans la mesure où elle permet aux fonctionnaires de savourer les après-midis de la saison chaude au “bord de la plage ou encore dans le cadre familial. Le seul hic, selon ce jeune fonctionnaire, n’est autre que le transport public et la congestion de la circulation dans le centre-ville. “Le retour est toujours difficile. Outre la chaleur suffocante, l’ambiance prévalant à l’intérieur des bus et métros bondés donne le vertige”, fait-il remarquer. * Baisse de productivité Du côté des citoyens, la séance unique présente plusieurs inconvénients. Transportant une pile de paperasses d’un bureau à un autre, M. Hassen El Hedfi nous confie que le sacro-saint “revenez demain” se fait de plus en plus nombreux. Mme Khédija Felhi estime également que la productivité rétrécit comme une peau de chagrin pendant les deux mois de la séance unique. “Les fonctionnaires arrivent souvent en retard à cause des veillées nocturnes pour quitter les bureaux avant l’heure aux dépens des intérêts des citoyens acculés à effectuer un véritable parcours du combattant”, ajoute Mme Felhi. Décidément, c’est le comportement des fonctionnaires qui cause des pépins au sein des administrations et non pas l’horaire de la séance unique. Et c’est justement à cette mentalité rétrograde qu’il faudrait s’attaquer... W.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com