Christiane Raby : Quand le Québec chante Bagdad





Du concert d’avant-hier donné à l’Acropolium de Carthage par Christiane Raby, nous avons surtout retenu les prestations a capella. Le public présent ne nous démentira pas… Elle avait les cheveux courts. Sa robe longue et moulante tout en noir, était pudiquement échancrée, et elle lui allait comme un gant. Avec ses cheveux longs et frisés, Bernard Scotti, son guitariste, était lui aussi dans son costume noir, élégamment décontracté. Le couple était très assorti. Il y a aussi les autres qui ont préféré ne pas suivre la demi-finale de l’Euro 2004, un match disputé par les Portugais et les Néerlandais, diffusé en direct sur les chaînes françaises. Ils se sont déplacées jusqu’à Carthage rien que pour cette Québécoise à la voix perlée, chaude, satinée, feutrée… tout à la fois. Ils ne l’ont finalement pas regretté, car ils ont été bien servis et de plusieurs «sauces». Côté musique: «J’ai choisi pour vous des chansons du répertoire mondial…», nous a lancé, enthousiaste, Christiane Raby, juste après avoir chanté «Bagdad café», un avant-goût très touchant de la soirée. Nous avons eu aussi tout ce panaché: ryhythm, folk, rock…, en français, en italien, en espagnol et en anglais. Le tout soutenu par une guitare, un piano, une flûte et un zeste de tendresse. De ses propres compositions, il y a eu ces chants d’amour, «Antony est amoureux», «Mo», «Tango»…, mais aussi d’autres chants à connotation engagée, dédiés aux gens de Sarajevo ou aux adolescents «La bouteille», ou autres «Le cultivateur», «La roue tourne», «La petite planète»… Toutes ses compositions étaient traversées par un trait d’espoir. Nous avons aussi écouté avec joie ce qui revient à Piaf, Dalida, Parra ou autres Trenet… Et c’est avec «Indifférence» de Gus Viseur qu’elle a terminé son concert. «Ils m’ont écoutée religieusement. Je suis émue par cette assistance et fascinée par cette cathédrale sublime», nous a confiés, à la fin du spectacle, Christiane Raby, qui était très à l’aise avec son sourire qu’elle a gardé frais depuis sa jeunesse, accompagné de son accent québécois. Christiane Raby qui a fait ses premières armes avec la Bande Magnétik au Québec, sait ce qu’elle vaut, ce qu'elle a dans le «ventre» et ce qu’elle veut. Forte de ses cordes vocales, elle quitte son ex-patrimoine de musique, son Montréal natal et atterrit à Nimes, en France pour mener «alone» et calmement sa propre odyssée et elle n’a pas tort. Elle vole assez haut et avec ses propres ailes. Et son public, elle sait le toucher quand il faut et là où il est. Zohra Abid


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com