Spectacle d’ouverture du Festival de Carthage : Tarnène «monstre» sacré de sa génération





Qui n’a pas fredonné un jour ou simplement accompagné du pied le tempo de «Fouk Chejra», « Kif Dar Kass El Hob» : compositions de Khemaïes Tarnène, comme épargnées par les modes et le temps. L’histoire n’est pas forcément un éternel recommencement. Parfois, elle se prolonge dans le temps comme si elle ne voulait pas s’arrêter. voilà pourquoi, on a choisi de réserver la soirée d’ouverture de Carthage à Tarnane, 40 ans après de sa disparition. A ce monstre sacré de sa génération, l’hommage se veut vibrant ... «Arba’oun», tel est le titre du spectacle d’ouverture du festival de Carthage, en ce samedi 10 juillet qui coïncide avec le quarantième anniversaire de la disparition de Tarnane, né à Bizerte en 1894. XIXème siècle, début vingtième en toile de fond : sur son ûd élimé, les doigts de Tarnane s’envolaient et sa voix enraillée se déchira, collée à la noubah, le qacid, le mouachah, le bachref et l’istikhbar (ou improvisation). Khémaïes Tarnane est sans doute un apôtre de la musique tunisienne ancienne qu’il a assortie de notes de modernité. On retient de lui ces chansons quasiment inusables que sont «Ya khaïna bachkoun beddaltini», «Ya khamouri», Yalli boôdak dhaïa fikri»... Khémaïes Tarnène a pu faire défiler son écheveau. Hors du temps. Son monde nous enveloppe, déroute les néophytes, enthousiasme les inconditionnels de la musique traditionnelle ouverte sur l’Occident et le Proche-Orient. Si ce compositeur, instrumentiste et interprète en est arrivé là c’est qu’il a beaucoup voyagé pour mettre la musique tunisienne au contact de l’étranger, sur la voie du renouveau. Sa musique en est sortie, subtil mélange des airs citadins, bédouins et savants, quarante compositions de Khémaïes Tarnène feront ainsi la matière des 8 bouquets qui seront interprétés par Choubaïla Rached, Dorsaf Hamdani, Olfa Ben Romdhan, Hassen Dahmani et Chokri Omar Hannachi. Des chansons qu’on interprète toujours avec cette constance et cette passion qui font plaisir à entendre ... et à avoir. Et pour cause, le spectacle joindra les éléments visuels de la composition scénique signée de la griffe de Elyès Baccar et aussi la lucidité du choix des compositions qui seront interprétées par des artistes rodés... surtout engagés dans l’art… La conception générale et la direction artistique ont été confiées à Mourad Sakli qui a vécu presque la même expérience d’une conte chanté «Hkaya Touila» qu’il a donné à Carthage en 1999. Maître-assistant de l’enseignement supérieur à l’Institut supérieur de musique, l’actuel directeur du centre des musiques arabes et méditerranéennes, Ennejma Ezzahra, compte parmi les rares musiciens à s’exprimer dans un langage musical typiquement tunisien. La réalisation musicale reviendra à Lassaâd Zouari, bardé de diplômes en musique et riche d’expérience dans l’ouverture des festivals nationaux. Tout cela pour ainsi dire que la scène de Carthage a été mise entre les mains de connaisseurs en la matière. La scène c’est magique quand elle s’embellit de lumières d’esprit. C’est comme un grand coup de soleil sur le dernier jour d’hiver. Mona Ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com