Commerce parallèle : La Municipalité serre la vis





Depuis quelque temps les agents de la municipalité de Tunis ont intensifié leurs interventions au niveau de nombreuses ruelles abritant le circuit du commerce parallèle. Un tour de vis tant attendu par les opérateurs du commerce légal, mais “les descentes” sont loin d’arranger les comptes des nombreux commerçants clandestins. Reportage Tunis - Le Quotidien Il semble que les autorités municipales de la ville de Tunis ont finalement pris la décision de mettre un terme à une course sans fin avec ces petits commerçants à la sauvette qui investissent quelques rues et impasses névralgiques de la capitale. Passés depuis quelque temps au peigne fin des brigades de contrôle municipale des rues renommées par le commerce à étalage, ou commerce anarchique, comme la rue de “Charles de Gaulle”, celle de la rue des “Salines” ou encore la longue ruelle de “Sidi Bou Mendil” du côté de Bab Al-Jazira, semblent plongées maintenant dans une ambiance qui leur est étrange. Ainsi, après la forte effervescence et les journées hyper-animées du matin au soir qui caractérisaient ces lieux, on risque maintenant de fréquenter des rues plus qu’ordinaires qui ne donnent aucun signe de ce qu’elles étaient. En fait, ce tour de vis administré par les autorités locales pour chasser ces commerçants clandestins a été décidé suite à plusieurs tentatives d’organiser leur activité. Rappelons à ce propos que la municipalité de Tunis a aménagé, depuis quelques mois déjà, deux places destinées à ce genre de commerce, l’une située du côté de l’avenue Mohamed V, l’autre près de la région de Sijoumi du côté du Boulevard du 9 avril. Ces deux places qui ont été, au démarrage, fréquentées par un bon nombre de ces commerçants concernés, étaient désertées peu de temps après. “On n’y trouve personne à qui vendre”, se prononcent certains parmi les vendeurs qui ont fait débarquer leurs marchandises dans ces nouveaux lieux mais qui ont renoncé et ont opté pour leur point de départ. Mauvais choix semble-t-il puisque ce retour a coûté à un bon nombre d’entre-eux, la saisie définitive de leurs marchandises. * Un gagne-pain Fethi El Abed est l’un de ceux qui ont vu disparaître leurs chariots alourdis de marchandises de toute sortes. Ce marchand à la criée affirme que lors d’une descente des brigades de la municipalité, on lui a saisi sa marchandise évaluée à près de 450 dinars. Ce père de famille quinquagénaire avoue que ce commerce est son unique source de revenu pour nourrir sa famille. Notre interlocuteur revendique à cet effet le droit de pouvoir retirer sa marchandise quelqu’en soit la taxe à payer en contrepartie. Le commerce parallèle est en effet le seul et unique gagne-pain pour de nombreuses familles. A l’instar du précédent interlocuteur, Noureddine Ayadi, lui aussi vendeur à étalage dans la rue de Salines, a été l’objet d’une saisie de marchandises lors d’une opération menée par les agents municipaux de contrôle de cette place. Affirmant quant à lui être le père de neuf (9) enfants, il souligne que “le jeu du chat et de la souris” avec les autorités municipales ne mènera à nulle solution dans la mesure où la municipalité tend à ne pas reconnaître le fait que ces endroits où s’installent les pratiquants de ce type de commerce ne pourraient jamais être remplacés par des espaces lointains, jamais fréquentés par les citoyens”. La proximité, paramètre principal sur lequel repose la pratique du commerce parallèle, devrait ainsi être pris en considération dans le traitement du phénomène par les pouvoirs publics. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com