Tabarka Jazz Festival : A l’africaine et à la française





Deux étoiles de la planète jazz ont ponctué, encore une fois, Tabarka jazz festival: «Gnaoua Jazz Expérience» et Captain Mercier. L’histoire d’une soirée joyeuse et émouvante. La Basilique a ouvert ses portails… avant-hier pour accueillir des artistes de divers horizons que seule leur passion du jazz unit. «Gnaoua Jazz Expérience» et Captain Mercier se sont produits avant-hier devant un public enthousiaste et curieux qui est venu découvrir on live les deux approches que proposent ces artistes dans la musique jazzy. Il est 21h30 et devant des gradins bondés de monde, «Gnaoua Jazz Expérience» ont donné le coup d’envoi de cette soirée qui s’inscrit sous le signe du dialogue entre la musique du Sahara et l’âme de la musique jazz. Composée d’artistes marocains et d’origine malienne, française et tunisienne, le groupe «Gnaoua Jazz Expérience» a proposé au public un cocktail surprise de sonorités et de rythmes; une musique épicée entre le jazz et la musique africaine où le gombri (basse à trois cordes) dialogue avec le saxophone, les castagnettes en fer et la batterie. C’était un dialogue étrange entre ces sonorités qui appartiennent à deux univers musicaux différents surtout que le menu du «Gnaoua Jazz Expérience» est basé essentiellement sur le chant et les percussions ethniques. «Dieu notre seigneur», «Toutes les bénédictions sur le Prophète Mohamed», «Marhaba» (bienvenue), «Icha» (La vie) et autres chansons ont dévoilé «Gnaoua Jazz Expérience» et ont mis en exergue les différents rapports qu’entretiennent les artistes avec la vie dans toutes ses contradictions. La nature, faune et flore, les inspirent. «Le monde des flamants» témoigne de cette ouverture artistique sur les différentes composantes de notre monde. Rien n’est étranger à ces artistes que le travail sur le chant ethnique a permis de tisser une nouvelle approche de la vie et de comprendre le vrai sens de l’existence. Adel Azouz, Tunisien, à la guitare basse, André Beun au saxophone, Pascal Ducourtioux à la batterie, Nagid et Aziz Soudani sur les castagnettes en fer ont joué harmonieusement sous la direction de «L’maâlem» Mokhtar Gania, le chef musical du groupe et fin connaisseur des secrets de la musique Gnaoua. A leurs côtés «La maâlema» Zaïda Gania propose via sa voix forte et émouvante aussi bien qu’à travers ses danses une seconde balade dans le patrimoine vestimentaire et gestuel de la musique Gnaoua. Loin de la musique du Sahara, «Gnaoua Jazz Expérience» nous a offert un délicieux voyage avec les grands du jazz. Le public a ainsi découvert des relectures des morceaux de Jimmy Hendrix. Un avant-goût pour la seconde partie de cette soirée. * Merci, Mercier! Une vraie bête de scène, Captain Mercier et ses artistes ne connaissent pas la fatigue. Ils bougent dans tous les sens: ils chantent, dansent, font de la comédie… , l’animation. Ils touchent à tout avec souplesse sur la base d’une musique jazzy très émouvante mais aussi très fine: c’est un jazz à la française où l’humour se mêle à l’amour, le sérieux avec le léger pour raconter des histoires tirées du quotidien. «Fais le folk», «Had done»etc…, ont allumé la Basilique et électrisé les neuf artistes qui accompagnent Captain Mercier, se donnant à cœur joie aux rythmes des guitares, des saxophones, des trompettes et des claviers. «Elle détient tous les secrets, elle connaît tous les mystères». Captain Mercier nous confie des épisodes d’une histoire d’amour qui l’a bouleversé dans sa jeunesse. Avec des mouvements étudiés et calculés et une mimique du visage, les artistes de Captain Mercier n’ont rien laissé au hasard et ont essayé par tous les moyens d’entraîner le public dans leurs danses. Ils ont réussi à le faire grâce à un Captain Mercier très dynamique et novateur. Ceux qui ont été là, lors de cette soirée, ne l’oublieront jamais. Imen Abderrahmani


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com