Le Tunisien et le jazz : Effet de mode et de frime?





Le jazz est-il un genre musical accessible au grand public? Existe-t-il en Tunisie de vrais mélomanes attachés fortement au jazz ou seulement des fans de circonstance? Ces interrogations méritent d’être posées, surtout au moment où le Festival du jazz fête sa neuvième édition. En effet, depuis le démarrage de ce festival, on a constaté une ruée sans précédent vers Tabarka, d’un public -pour la plupart des jeunes- venu des quatre coins de la Tunisie et de l’étranger. Mais tout ce beau monde, comprend-il quelque chose au jazz ou se rend-il à la cité du Corail pour simplement frimer et faire mine d’être branché sur le jazz? Pour tenter de répondre à cette question, disons simplement que ce genre musical n’est pas à la portée du public ordinaire et même de certains intellectuels. Mais aujourd’hui, le Festival du jazz a gagné en maturité et en aura d’une année à autre, il attire aussi bien les traditionnels fans du jazz, particulièrement ceux de la génération des septuagénaires très restreinte, que lesdits amateurs de jazz ou «petits frimeurs», plus nombreux. Pour vérifier cette deuxième constatation amusez-vous à interroger quelques jeunes spectateurs sur les œuvres des grands noms du jazz, ou observez de façon minutieuse leur comportement, ou leur manière de danser durant certains concerts, vous constatez qu’ils sont loin de comprendre quelque chose à ce genre musical certains en seraient d’ailleurs à leur première découverte de ce genre musical. Partant de ce simple constat de fait, peut-on réduire le Festival du jazz à un simple effet de mode. C’est à craindre, puisque actuellement ceux qui s’y rendent sont pour la plupart des amateurs de circonstance qui ne connaissent même pas les règles élémentaires d’écoute du jazz. Or, ce genre musical a ses caractéristiques, sa complexité, difficile à saisir et est même parfois angoissant à écouter. Son «médium» guttural est aigu, cuivré, métallique et comprend plusieurs opérations de ravalement de style, de motifs et de sons que seuls les esprits avertis, concentrés, dotés d’un sens d’analyse, sont supposés comprendre. Ousmane Wagué


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com