L’été dans les souks de la Médina : Parfum de reprise à «El Attarine»





Témoins de notre patrimoine culturel, les souks de la Médina continuent à garder leur vocation économique mais aussi sociale, surtout à pareille période de haute saison touristique... et des mariages. Ballade dans le circuit des mille et une nuits. Tunis - Le Quotidien Quand on déambule à travers ses bazars haut en couleurs et en senteurs et qu’on se laisse emporter par ce mystérieux quelque chose qui règne sur les lieux, il est difficile de ne pas s’imaginer un des héros des fabuleux contes des «Mille et une nuits». C’est que dans les souks de la vieille Médina, l’été s’impose par sa candeur festive celle des célébrations les plus diverses dont notamment les mariages. A l’entrée des souks, du côté des petits bazars de l’artisanat dédiés plutôt aux touristes, le mouvement semble marqué par une sorte de lassitude et de monotonie. Quelque petits groupes de touristes qui laissent à peine entendre leur murmures dans une des langues de l’Europe de l’Est ne semblent pas faire le bonheur de ces commerçants d’artisanat qui essaient sans grande insistance, de convaincre ces visiteurs pressés à jeter un coup d’œil sur leurs produits exposés à l’intérieur des boutiques. «Ils ne sont pas venus pour acheter» commente Mohamed Ajmi, gérant d’une boutique pleine comme un œuf d’articles en cuivre gravé. Cet artisan signale que la majorité des touristes qui viennent dans les «souks» effectue une tournée-express faute de temps. «On ne leur accorde que le temps d’une heure pour visiter ces lieux, ce qui ne donne pas l’occasion de marchander les prix. Ils préfèrent se résigner à la première tentative de notre part de proposer un prix qui nous arrange le plus» affirme notre interlocuteur. * Situations de monopole Déjà à mi-juillet, ces commerçants semblent être unanimes à considérer la saison maigre. Kamel, un autre marchand d’articles d’artisanat, demande quant à lui qu’on puisse revoir les programmes de visites concoctés par la majorité des «Tour-Opérateurs» (T.O). «Ces T.O. doivent comprendre que leurs clients ne seront jamais contents de leur voyage si on continue à les déposer à deux kilomètres d’ici et à les obliger à un parcours d’athlètes pour faire le tour de la Médina et regagner le bus «illico presto» dit-il. Dans ces circonstances, un autre phénomène dérangeant la bonne marche de l’activité dans le souk commence à prendre de l’ampleur d’après les dires de bon nombre de commerçants . Il s’agit d’une sorte de concurrence déloyale qui s’instaure dans le souk. M. Hamadi Mansouri, un autre commerçant, souligne à cet effet qu’un nombre de marchands propriétaires de grands bazars tendent de plus en plus à monopoliser le commerce avec la complicité des guides touristiques qui leur ramènent en exclusivité tout le groupe de visiteurs qu’ils ont à charge. Si pour certains commerçants, la haute saison n’est pas encore au rendez-vous, d’autres en revanche font l’objet d’une véritable ruée en cette période estivale. A Souk El-Attarine et Souk El-Berka la frénésie d’achat bat son plein. Ces deux places vivent un véritable frémissement tout au long de l’été, la saison des mariages par excellence. C’est dans ces deux endroits que l’ambiance fait bonne impression. Depuis la matinée de cette journée de mi-juillet, les petites impasses et ruelles des souk El-Attarine bouillonnent de gens. l’atmosphère est imprégnée de senteurs de l’ambre et de mille odeurs, jaillissant des parfums traditionnels. Le tout saccadé par des «youyous» des femmes venues accompagner leurs fille et fils futurs mariés dans leurs achats. Toutefois, «les choses ne sont plus comme avant», souligne Mohamed Ali, vendeurs d’accessoires et d’articles de mariage. «Auparavant, à pareille période de l'année on trouvait de la peine à satisfaire toutes les demandes. Maintenant, on a l’impression que les gens ne se marient pas comme avant», dit-il. Malgré cela, Souk El-Attarine et Souk El-Berka, le temple des bijoutiers restent deux places emblématiques de la vieille Médina. Ils conservent toujours une attraction unique qui résiste à ces mutations bouleversantes qui se passent derrière les murs de la Médina. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com