Jeunes et fugue : Une fuite en avant partagée





Certains jeunes décident de quitter provisoirement le foyer familial, fuyant ainsi le conflit avec les parents. N’ayant pas conscience des répercussions de la fugue, les enfants se retrouvent souvent dans de beaux draps. Tunis — Le Quotidien Les raisons de la fugue chez les jeunes sont le plus souvent liées à la nature de la relation avec leurs parents. Plus la relation est conflictuelle, plus la prédisposition à quitter la maison se fait impérieuse. En effet, le manque, voire l’absence de communication entre les parents et les enfants, sans parler de l’entêtement et de l’obstination des uns et des autres, font que la compréhension entre les deux parties devient de moins en moins évidente. C’est l’avis de Fatma B., 26 ans, cadre, qui, pendant des années, a dû souffrir de cette absence de communication avec ses parents. «Mes parents sont très sévères et trop autoritaires. Ils veulent tout imposer, tout contrôler. Il ne m’ont jamais laissé l’opportunité de faire mes propres choix. Alors, dès que j’ai commencé à comprendre les choses, à vouloir m’affirmer et prouver mes capacités intellectuelles, ça a été la guerre sans relâche. J’ai dû partir de la maison plusieurs fois pour aller loger chez mes tantes ou chez mes copines. En somme, je savais que le fait de déserter le foyer sans prévenir mes parents était absurde. Mais je ne pouvais plus supporter leur mainmise et leur manque de sociabilité. Il fallait que je leur montre que je pouvais compter sur moi et qu’il ne fallait pas s’inquiéter à ce point. D’ailleurs, ça a marché. Aujourd’hui, il n’ont plus d’autorité sur moi. Quand j’y pense, je me dis qu’il leur fallait ce choc pour qu’ils deviennent plus compréhensifs. Car, en fait, j’ai dû fuguer pendant trois jours sans qu’ils aient des nouvelles de moi», dit-elle. Quant à Aymen Zaroui, 20 ans, lycéen, c’est à la suite d’une dispute avec son père qu’il a quitté la maison. «Cela fait déjà 4 ans depuis. En effet, je n’avais pas obtenu une moyenne qui me permettait d’accéder à la classe suivante. Il s’est fâché contre moi. On s’est disputé et j’ai dû fuguer chez ma grand-mère durant quelques jours. Mes parents étaient inquiets puisqu’ils étaient sans nouvelles de moi». Pour Saïf Eddine, lycéen âgé de 19 ans, c’est pour une histoire de camarade de classe qu’il a dû quitter le home familial. Son père l’a croisé dans le quartier en train de parler avec son amie de classe. Très furieux, il se précipite vers lui pour s’informer sur cette relation. «Dès que la fille est partie, mon père me colle une gifle et un coup de pied mémorable devant tout le monde. J’étais tellement humilié que je me suis sauvé. A l’époque, j’avais 17 ans», dit-il. Les fugues sont en effet fréquentes à la période d’adolescence. Les parents s’inquiètent davantage sur leurs enfants et ceux-ci sont animés par le désir d’affirmation. Le conflit est souvent à son comble. Et même s’il y a tentative de discussion, elle n’est pas toujours constructive. A cet effet, certains parents ne savent pas comment instaurer une relation de confiance avec leurs enfants. Au lieu de communiquer avec eux, de s’enquérir de leurs soucis et de leurs préoccupations, ils se contentent d’imposer les choses sans donner d’arguments. Par conséquent, le jeune se retrouve tellement sous pression qu’il finit par commettre l’irréparable. S’il existe des jeunes qui ont de la famille ou des amis pour les héberger et les conseiller, il en existe d’autres qui se trouvent embarqués dans des histoires de kidnapping et de débauche à ne plus en sortir. Wissal HASNAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com