Orientation universitaire : La grande épreuve a commencé





Quelle spécialité choisir? C’est la question qui triture les méninges de tous les nouveaux bacheliers quelque 68 000 lauréats du bac version 2004 ont reçu hier leurs fiches d’orientation et se lancent dans la dure épreuve du choix de la filière universitaire. Tunis - Le Quotidien Ils étaient plus de soixante-huit mille candidats à être déclarés admis au terme des deux sessions du baccalauréat de cette année. Ces lauréats qui sont parvenus à surmonter les épreuves d’un bac hérissé d’épines, se trouvent actuellement face à une autre épreuve, celle du choix d’une filière adéquate à l’université. Un choix souvent tiraillé d’un côté par une envie purement personnelle de poursuivre des études dans une spécialité qui leur tient à cœur et de l’autre par les nouvelles exigences du marché du travail. L’orientation universitaire reste ici la phase déterminante pour garantir de plus de chances à concrétiser le rêve le plus partagé par nos jeunes, celui de décrocher un poste stable, bien rémunéré et d’avenir. Hier, les nouveaux bacheliers ont reçu des formulaires où ils devaient préciser, par ordre de préférence, les filières universitaires auxquelles ils désirent accéder. D’emblée, ces futurs étudiants semblent avoir la conscience bien claire de ce qui se passe du côté du marché de l’emploi. Leur choix tend plutôt à s’orienter vers des filières qui répondent le plus aux nouveaux besoins de l’économie nationale. * Ruée vers le «commerce» Bien avertis de la nouvelle donne économique qui accorde une place prépondérante au secteur des services et du commerce, bon nombre de ces nouveaux bacheliers vise à intégrer une filière offrant des débouchés sur le monde des affaires. Cette tendance qui semble prendre de l’ampleur et les allures d’une mode, s’empare même des bacheliers littéraires. Bon nombre de ceux-ci n’hésitent pas à faire le virage et optent pour une spécialité de management ou de commerce international. Ouverture des marchés oblige, cette dernière spécialité tend à être à la mode chez les lauréats du bac 2004. Ainsi, la jeune Myriam, titulaire d’un bac-lettres et qui déclare être sauvée in-extremis par le rachat à la session du contrôle éprouve un désir ardant de rejoindre une spécialité ayant trait à l’entrepreneuriat et au commerce. «Je sais que je possède des chances très infimes d’accéder à une filière pareille vu mon score maigre au bac, mais je sens que c’est le monde des affaires qui me convient le plus» affirme-t-elle. Et signaler qu’elle a préféré dès le début faire ses études secondaires dans la spécialité de gestion et d’économie, mais que «l’orientation en a voulu autrement». La même passion est éprouvée par Mohamed Chamsa qui, avec un bac gestion en poche, part avec plus de chance d’embrasser une carrière dans le monde du business. Mohamed compte parmi les rescapés de la section économie-gestion qui ont dû se battre bec et ongles, deux sessions durant pour parvenir à décrocher le bac. Avec une moyenne de dix et quelques poussières, ce jeune vise à intégrer une filière courte à l’ISET de Radès. «Je compte poursuivre des études en commerce international, qui reste à mon avis un domaine en perpétuelle évolution», souligne-t-il. «Dans le tourisme par exemple qui est une composante du commerce international, on trouve toujours des solutions pour résoudre les problèmes causés par les crises. En Tunisie, on est arrivé à contenir le choc de la crise internationale qu’a subi ce secteur en orientant nos investissements vers le marché intérieur» explique ce jeune bachelier sur un ton très confiant. Avouant n’avoir aucun intérêt au monde de la «macro et la micro économie», Mona Majri, bachelière en lettres, souhaite quant à elle plonger dans l’univers des médias. «Je suis très attachée au monde des médias et je vais mettre mon premier choix d’orientation sur l’Institut de presse (IPSI). Mais ce qui m’inquiète c’est que j’ignore le système d’enseignement dans cet établissement ainsi que les opportunités d’emploi, une fois les études achevées», dit-elle. Ainsi, ces nouveaux bacheliers, à quelques exceptions près, semblent très au fait des exigences du marché du travail. Un marché qui impose son rythme et qui semble avoir introduit de profonds bouleversements au niveau de la formation qui tente, non sans mal, à s’y adapter. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com