Festival International de Hammamet : Un pour tous, tous pour un





Après Carthage, le spectacle musical Arba’oun (quarante) a été donné lundi à l’ouverture du festival international de Hammamet au théâtre de plein-air du Centre culturel. L’organisation a fait d’une pierre deux coups en célébrant avec ce spectacle bien nommé de quarantième anniversaire du festival international de Hammamet et le quarantième anniversaire de la mort du grand compositeur et chanteur Khemaïes Tarnène. Le spectacle a été décliné en une quarantaine de chansons du répertoire de Tarnène interprété par trois chanteuses (Choubeïla Rached, Dorsaf Hamdani, Olfa Ben Romdhane) et deux chanteurs (Hassen Dahmani et Chokri Omar Hannachi). Ce fut donc à la fois une soirée nostalgique et une occasion pour le public de la cité du jasmin de revisiter le patrimoine musical typiquement tunisien. C’était là d’ailleurs le but visé par l’organisation. Comment ce spectacle signé par Mourad Sakli, Lassaâd Zouari et Abderrahmane Ayadi, trois musicologues, a-t-il été monté ? Comment les rôles ont-ils été répartis au sein de ce trio ? Nous avons posé ces questions à Mourad Sakli. Voici sa réponse : «Ma contribution personnelle a été au niveau de la conception générale du spectacle. J’en ai assuré en quelque sorte la direction artistique. C’est-à-dire que j’ai choisi les chansons, mis en ordre les compositions, les textes. J’ai un peu mis en images les quarante chansons choisies. Ce fut ensuite le rôle de Lassaâd Zouari qui a ordonné les titres selon les critères musicologiques pour en faire une sorte de cocktail harmonieux et cohérent. Quant à Abderrahmène Ayadi, il a eu la lourde tâche de diriger l’orchestre et de redonner vie aux vieilles partitions de Khemaïes Tarnène. En fait, nous avons opté dès le départ pour la réalisation d’un concert de musique. Nous ne sommes pas des hommes de théâtre ou de spectacle visuel. Nous n’avons ni les moyens ni l’intention de monter une opérette pour une comédie musicale. Nous avons cherché à éviter aussi de présenter un spectacle un peu vieillot, une pièce de musée avec un décor d’époque et tout le tralala. Nous avons aussi résisté à la tentation de présenter une sorte de document historique voire un documentaire sonore. Notre but était de «mettre en espace» un bouquet de chansons de Khemaïes Tarnène et de mettre en valeur la portée musicale de son œuvre. D’où l’importance accordée à la qualité de l’interprétation. Si nous avons évité de créer un spectacle théâtral et chorégraphique, c’est aussi parce que nos chanteurs et nos chanteuses ne sont pas tous polyvalents et ne peuvent pas chanter et bouger sur scène. Ils chantent bien, chacun ayant son timbre de voix particulier et sa sensibilité propre. C’est déjà là un grand atout». Comment notre luthiste juge-t-il la réaction du public à son spectacle ? Réponse : «A Carthage, j’ai vu un public assez jeune qui a été attentif jusqu’à la fin du spectacle. Cela m’a beaucoup aidé. Car c’est pour eux que nous avons cherché à reconstituer une part importante de notre mémoire musicale. Certaines des chansons présentées sont très célèbres, mais peu de gens savent qu’elles ont été composées et chantées la première fois par Khemaïes Tarnène. Sur un autre plan, les jeunes chanteurs comme la doyenne Choubeïla Rached ont cherché à se surpasser et surtout à chanter juste avec autant d’enthousiasme que de rigueur. Chacun a essayé de mettre son talent au service d’une œuvre collective». Zohra ABID ________________ * Coulisses : Ali Louati qui a lui aussi été à la tête du Centre culturel international de Hammamet était présent. Nous avons sondé en douceur ses impressions. «Dans l’ensemble, le spectacle est correct. L’idée de mettre en exergue notre mémoire collective est magnifique. Je vois que le spectacle est bien mis au goût du jour. Il faut impliquer les jeunes. Ils doivent tenir compte de notre terroir musical qui est une richesse incontestable». Choubeïla Rached était la vedette de la soirée. Elle a interprété «Itha Tghib alaya», de Ahmed Kheireddine et «Ghazali nafar» de Mohamed Marzouki. Deux chansons interprétées avec une rare amplitude comme elle l’a toujours fait. A la fin de la soirée, en toute discrétion et modestie, accompagnée de son petit fils, elle a rejoint le bus pour Tunis avec une foule de journalistes. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com