Billet/ La photo, en art majeur





Le rideau est tombé sur les Rencontres photographiques de Ghar El Melh. Pendant une dizaine de jours, et dans un décor de rêve, l’art de la photographie a pu s’exprimer à travers aussi bien des œuvres du cru que des productions étrangères. De nombreux artistes ont tenu à marquer de leur présence une manifestation appelée, grâce au dynamisme de ses organisateurs, à un rayonnement méditerranéen et, peut-être même, dans une aire encore plus large. Bien entendu, il y a de par le monde de prestigieux festivals consacrés à la photo. En effet, longtemps reléguée pendant des décennies au statut de simple technique de reproduction, presque exclusivement utilisée comme un anodin gagne-pain, la photographie a pris peu à peu du galon. Deux étapes ont rythmé cette évolution. Une accession, d’abord, au rang d’art mineur en s’instituant art de l’instantané, du fugace, du spontané. Dans un deuxième stade, la photo a réussi à capter l’informulable, à traquer dans le moindre détail la vérité des êtres et des choses, à opérer entre les objets de troublantes associations. L’appareil photographique a fait exploser la logique visuelle, a désarticulé la mémoire, lui qui est censé précisément la servir. Il a joué sur l’ombre et la lumière, les lignes et les volumes, les couleurs et les nuances. Ce faisant, il a accédé au rang d’un art majeur. Et c’est à cet art majeur que l’on est en train de rendre hommage, un peu partout dans le monde. La Tunisie ne pouvait pas demeurer en reste. C’est pourquoi il faut saluer la tenue des rencontres de Ghar El Melh. En souhaitant aux organisateurs de continuer en si bon chemin, nous leur suggérons de procéder, pour les prochaines éditions, à une ventilation par thèmes , des thèmes ancrés dans la réalité du monde. Afin que l’attention du visiteur ne soit pas dispersée devant la disparité et la multiplicité des œuvres qui lui sont présentées. Parallèlement des colloques de dimension internationale peuvent être organisés avec la participation de sociologues de la Culture ou de grands artistes en ce domaine ou dans des domaines apparentés comme le cinéma ou la peinture. Il est vrai qu’un handicap de taille peut hypothéquer cette ambition : le manque d’infrastructure hôtelière. Mais avec une foi qui soulève les montagnes, l’espoir est permis. A. CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com