“Souk El Berka” : Les bijoutiers… dans leurs petits souliers





Malgré l’avènement de l’été, une saison propice aux mariage, Souk El Berka a du mal à retrouver ses marques et son éclat d’antan. En attendant la reprise, les commerçants continuent à broyer du noir. Tunis - Le Quotidien En hibernation durant l’hiver, le commerce de l’or et des bijoux connaît normalement sa période de pointe durant l’été, considéré comme étant la saison des mariages par excellence. Une saison attendue avec impatience par les professionnels du secteur, pressés de combler le manque à gagner et de rentrer dans leurs frais. Mais entre le désir et la réalité, il y a tout un monde comme on dit. La grisaille qui frappe de plein fouet certains secteurs n’a pas épargné malheureusement le commerce de l’or qui connaît depuis quelque temps une période de vaches maigres. Dans les petites placettes d’où s’allongent d’innombrables impasses enchevêtrées formant Souk El Berka, le mouvement est loin de refléter l’affluence qui marquait naguère ces hauts lieux pendant cette période des fêtes de fiançailles et de mariages. Les vitrines des quarante-huit bijouteries formant ce souk brillent de mille feux alimentées par les parures en or et diamant et les diverses pierres précieuses qui décorent bagues et colliers. Toutefois, à en croire les bijoutiers de la place, les choses ne sont plus comme avant. “Le souk connaît depuis quelque temps une crise qui fait stagner les ventes. Jamais nous n’avons connu une conjoncture aussi maussade”, affirme Mohamed Jebali, un bijoutier à Souk El Berka, et d’ajouter “la majorité des joailliers du souk s’est trouvée obligée de pratiquer la vente à crédit pour faire face à la concurrence du marché parallèle qui corse davantage la situation”, déplore-t-il. Notre interlocuteur est formel: “Le secteur parallèle pratique une conférence déloyale en détournant à son profit une part importante de la clientèle habituelle de Souk El Berka. L’or qui est importé via le commerce de la valise d’Orient est écoulé sur place à des prix défiant toute concurrence”, regrette Mohamed Jebali. Par manque de moyens, certains candidats au mariage, parmi les hommes notamment, préfèrent renoncer à acheter tous les bijoux indispensables pour le mariage. M. Rafik , un autre bijoutier affirme dans ce sens que “le prix de la totalité des bijoux, pour une mariée peut aller jusqu’à deux millions de nos millimes, ce qui est cher pour certains jeunes hommes à revenus moyens qui se contentent d’une alliance en argent”. * Chute libre M. Mohamed évoque ici la question des prix en soulignant que c’est un problème qui gène aussi bien les clients que les commerçants. “On nous a fait entendre depuis longtemps que le secteur est libéralisé, mais on ne jouit pas de tous les avantages de ce libéralisme permettant en principe de commercialiser les produits en toute liberté”. Ce paramètre influe considérablement sur le chiffre d’affaires de ces commerçants de bijoux dont la majorité déplore une chute libre des revenus. M. Ahmed Azzabi nous a confirmé à cet effet que lors des périodes de vaches grosses, il comptabilisait jusqu’à 10 mille dinars de recettes par jour alors qu’aujourd’hui sa recette quotidienne ne dépasse pas les 500 dinars. Cette situation “désastreuse” par laquelle passent les commerçants de Souk El Berka vient confirmer si besoin est le marasme qui frappe le secteur. L’or est-il passé de mode par ces temps de métamorphose des mentalités ? La grisaille que connaît le secteur est-elle dûe au manque de moyens des candidats au mariage acculés à négliger le “superflu” au profit de l’essentiel ? Il y a peut-être un peu de tout cela à la fois. Les bijoutiers de Souk El Berka sont en tout cas obligés à composer avec cette nouvelle donne et à prendre leur mal en patience en attendant une reprise qui tarde encore à pointer... le bout du nez. H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com