Tunisair : Le Commissaire aux comptes émet 11 réserves sur les états financiers 2003





M. Jélil Bouraoui, le Commissaire aux comptes de Tunisair, vient de battre un vrai record dans le nombre de réserves émises à l’encontre des états financiers de la compagnie au 31 décembre 2003. Etats qui devraient être soumis le 26 juillet à l’approbation de ses actionnaires. Tunis - Le Quotidien Tunisair commence à peine à sortir du creux de la vague après le raz-de-marée qui a déferlé sur le transport aérien il y a trois années, date des événements du 11 septembre. D’une année à l’autre, le déficit de la compagnie est en régression, laissant même présager des comptes positifs pour les quelques prochaines années, si l’embellie du tourisme se poursuit. Le résultat net 2002, par exemple, affiche plus de 37 millions de dinars de déficit alors que celui de 2003 se cantonne à 8,7 MD de déficit. Dans quelques jours, les actionnaires de la compagnie se réuniront pour débattre des derniers états financiers, bien sûr, mais surtout pour comprendre sa situation actuelle et ses perspectives d’avenir. On s’attend d’ailleurs à un débat animé auréolé de nombreuses interrogations à l’adresse des administrateurs car le commissaire aux comptes de Tunisair, M. Jélil Bouraoui vient d’émettre une collection impressionnante de 11 réserves sur lesdits états. M. Bouraoui annonce ainsi que son cabinet n’est pas en mesure de s’assurer de l’existence des immobilisations corporelles autres que le matériel de transport aéronautique car l’inventaire 2003 n’a pas été clôturé. A propos de ce même matériel de transport aérien, il souligne que Tunisair aurait dû se conformer aux dispositions de la norme internationale IAS 37 et de la norme comptable n°5 qui préconise l’application de la méthode des composants. Le problème de retard d’inventaire physique s’étend également aux stocks techniques, interdisant au commissaire de se prononcer sur leur existence et sur le montant de la variation afférente. Pour lui, la liste se poursuit avec des comptes-clients non exhaustivement justifiés, des comptes d’actifs courants porteurs d’anciens suspens importants non apurés, des enregistrements incomplets d’opérations financières, de plusieurs comptes fournisseurs non justifiés, de comptes d’autres passifs porteurs de suspens non apurés, de non conformité à la norme comptable n° 2 relative aux capitaux propres et à la circulaire ministérielle du 14 mars 88, de distorsions entre produits et charges dans les redevances aéro-portuaires et de l’inexistence d’un suivi rigoureux des engagements hors bilan. Pourtant, M. Bouraoui tient à préciser qu’une fois tous ces points explicités, les états financiers 2003 tels qu’ils lui ont été présentés par Tunisair sont “réguliers et sincères” et présentent une “image fidèle” (pour tous les aspects significatifs) de la situation financière de la compagnie aussi bien que des résultats de ses opérations et des flux de sa trésorerie. Une situation qui reste complexe, à la mesure du domaine aéronautique dans le monde, même si elle est de gravité décroissante. Avec une flotte de “seulement” 18 airbus et 12 boeing, le trafic a quand même connu une baisse de plus de 6% en 2003 mais, après un premier programme de restructuration et d’assainissement ponctué par le départ à la retraite anticipée de 794 employés et surtout la baisse des primes d’assurance des avions, l’année 2003 peut être considéré comme le début d’un démarrage solide de la compagnie. Manoubi AKROUT


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com