Appelant les Juifs de France à émigrer en Israël : Sharon déclenche un tollé





Le Premier ministre israélien a provoqué l'indignation de la plupart des organisations juives françaises et des autorités en appelant les juifs de France à émigrer en Israël pour échapper à la «montée de l'antisémitisme». "Il ne lui appartient pas de décider pour nous", estime l'ancien président du CRIF Théo Klein. Le Quotidien-Agences Un appel du Premier ministre israélien Ariel Sharon aux Juifs français pour qu'ils immigrent en Israël à cause de l'antisémitisme qui, selon lui, les affecte, a suscité l'indignation en France, y compris dans la communauté juive. Ariel Sharon a poussé avant-hier les Juifs de France à venir en Israël "immédiatement" et désigné les musulmans de France comme la source d'un "antisémitisme déchaîné". Des responsables israéliens ont tenté par la suite de minimiser les propos de Ariel Sharon. "Sharon a été mal compris", a estimé hier le porte-parole du gouvernement israélien Avi Pazner. "Il a conclu que la place des Juifs de France, mais aussi celle du monde entier, est en Israël", a souligné le porte-parole. La veille déjà, Raanan Gissin, un porte-parole de Ariel Sharon, avait précisé que Ariel Sharon avait "une très grande estime pour la lutte sans merci contre l'antisémitisme menée par le président Jacques Chirac et le peuple français". En dépit de ces mises au point, le gouvernement français a réagi avec vigueur. "Nous avons immédiatement pris contact avec les autorités israéliennes pour leur demander des explications au sujet de ces propos inacceptables", a annoncé le ministère des Affaires étrangères. Hier, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a souligné que la France était "certainement le pays qui a la législation la plus stricte" pour sanctionner le racisme et l'antisémitisme. Le 8 juillet, le président Chirac avait appelé les Français "au sursaut", face à la recrudescence d'actes «racistes et antisémites» et exigé que la justice traite ces affaires avec "la plus grande sévérité et la plus grande exemplarité". Pour sa part, le Conseil représentatif des institutions juives de France a considéré que le Premier ministre israélien allait "mettre de l'huile sur le feu de façon inacceptable". Pour le Grand Rabbinat de France, le départ des Juifs de France "ne se pose pas". "Nous sommes une partie de l'âme de ce pays", a souligné un représentant du Grand Rabbin Joseph Sitruk, Haïm Korsia. De son côté, la presse française a également réagi avec virulence. "L'attaque d'Ariel Sharon est deux fois indigne" commente le Figaro: "Parce que la France n'est pas antisémite. Parce qu'il sait que la France n'est pas antisémite". "En réalité Sharon veut priver de sa légitimité une France qui persiste à défendre Yasser Arafat", estime le commentateur du Figaro.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com