Festival International de Hammamet : La Musette au vol jubilatoire





Six musiciens épaulés par le dieu de l’accordéon moderne, Richard Galliano, ont accosté sur les rives de Hammamet dimanche soir. Ils nous ont offert des airs de tango et de jazz qui ont swingué avec bonheur au théâtre de plein-air. Une soirée élégante qui n’a tout de même pas décollé de son timbre méditerranéen. A la fin du concert, le public avait du mal à quitter les gradins. Et il avait de quoi. Il s’agit d’un génie de l’accordéon : Richard Galliano. Nous l’avons vu la première fois à l’Octobre musical 2003, un festival qui se tient chaque année à l’Acropolium de Carthage. Son concert a été frappé du sceau de la réussite devant un public exigeant qui a rempli la Cathédrale. Là aussi à Hammamet, il y a ce même public difficile à contenter. Sur scène, entouré de sa «bande» de six musiciens, au violon solo, Sébastien Surel, au violon, Lyonel Schmit, à la viole, Alexandra Brown qui a fait sa première apparition, au violoncelle Mathieu Lejeune, à la contrebasse Stéphane Logerot et au piano Dimitri Naidich, d’origine ukrainienne, Richard Galliano, collé amoureusement à son accordéon a entamé la soirée en force, donnant intelligemment et très librement cours à un rythme tout à la fois jubilatoire et languide qui repose sur l’audace et la ténacité combinant avec un brin de jazz et des atmosphères méditerranéennes très gracieuses. Sa «New musette» a bien swingué. Il y a eu quelques morceaux dédicacés à sa petite nièce Margaux ou à Laura, la femme de son prédécesseur et maître, Astor Piazzolla, qui l’avait beaucoup influencé. Il y a eu dans toutes les compositions, Otono Porteno, Michellangello ou autres Improvisation sur Cibertango, du vif, du léger et de l’intensité. Il y a eu aussi cette harmonie entre Richard Galliano et son orchestre qui ne le «bouffe» pas d’après son expression. «Il y a eu surtout une sorte de feeling musical entre l’orchestre et moi, même si le style est différent, mais ça colle dans l’ensemble. Il y a aussi entre nous ce côté humain. Nous allons prolonger ensemble notre séjour en Tunisie et nous allons partager de bons moments de la vie...», nous dit cet accordéoniste niçois à la fin du spectacle. Richard Galliano a la musique dans le sang. Il l’a héritée de son père d’origine italienne qui était professeur d’accordéon. C’est donc à quatre ans qu’il a commencé à jouer de cet instrument. Plus tard, il affectionnera le trombone. Mais il finit par se spécialiser dans l’accordéon, un instrument revenu ces derniers temps en force. Très influencé surtout par Astor Piazzollo mais aussi par Daniel Gayone, Claude Nougaro, Michel Portal ou autres Pierre Michelot, il ajoute un peu de lui, un brin de brise méditerranéenne. Il improvise et il adapte son accordéon au jazz. Ecouté dans un silence mystique, chaque morceau a été fort applaudi. A la fin, et après le salut, il a été bissé «encore», «encore» «Richard encore», et sur cet «encore» Richard revient avec son orchestre pour offrir un autre air savoureux, aussi ébouriffant que les précédents. Bravo pour toute l’équipe pour cette sobre soirée. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com